Biographie de 'Atikah bint Zayd
Atika Bint Zayd Ibn Amr Ibn Noufayl Al-Qourachiyya Al-Adawiyya partageait sa lignée avec son frère Saïd Ibn Zayd. Elle était la cousine d'Omar Ibn Al-Khattab, leurs généalogies se rejoignant à Noufayl. Elle compta parmi les femmes qui émigrèrent à Médine.
Elle épousa Abdallah Ibn Abi Bakr As-Siddiq. D'une très grande beauté, elle fut aimée de lui avec une telle intensité qu'elle le domina et le détourna de ses expéditions et de plusieurs autres occupations. Son père lui ordonna donc de la répudier. Abdallah finit par obéir, mais composa des vers où il disait en substance que sa demeure restait présente dans les désirs de son âme et dans ses rêves, que jamais séparation ne lui avait causé un malheur plus grand, et que les siens le voyaient se rendre vers sa maison dès avant le lever de l'impôt.
Abou Bakr insista jusqu'à ce que le divorce fût prononcé. L'âme d'Abdallah demeura pourtant attachée à Atika. Son père l'entendit un jour réciter: "Je jure de ne pas t'oublier tant que se lèvera une lumière et que les colombes au collier gémiront. Mon coeur volera vers toi chaque jour et chaque nuit, portant ce que les âmes dissimulent. Jamais on ne verra un homme semblable à moi répudier aujourd'hui une femme semblable à elle; elle n'a d'égale en rien, sinon dans le fait d'avoir été répudiée. Elle possède noblesse de caractère, jugement et rang élevé; et tous reconnaissent en elle pudeur et loyauté." Touché, Abou Bakr revint sur son ordre et lui permit de la reprendre.
Abdallah avait participé à l'expédition de Taïf avec le Messager d'Allah ﷺ. Une flèche l'y atteignit, et il mourut plus tard à Médine des suites de cette blessure. Atika le pleura dans des vers: "J'ai été frappée par la perte du meilleur des hommes après leur Prophète et après Abou Bakr. Puisse mon oeil ne jamais cesser de verser des larmes sur toi et ma peau de se couvrir de poussière. Qu'Allah bénisse les yeux qui l'ont vu, jeune homme plus résolu, plus ardent dans l'assaut et plus patient lorsque les dents de la guerre se refermaient sur lui. Il les combattait jusqu'à la mort, jusqu'à ce que la lance ressortît rouge de sang."
Zayd Ibn Al-Khattab l'aurait ensuite épousée; une autre version nie ce mariage. Il fut tué en martyr à Al-Yamama. Omar Ibn Al-Khattab l'épousa ensuite en l'an 12. Un jour, Ali Ibn Abi Talib demanda au Commandeur des croyants la permission de parler à Atika. Omar accepta. Ali se plaça près de sa porte et lui lança: "O femme des Banou Adi, qu'est devenue ta parole: 'Puisse mon oeil ne jamais cesser de verser des larmes sur toi et ma peau de se couvrir de poussière'?" Atika se mit à pleurer. Omar demanda à Ali ce qui l'avait poussé à lui parler ainsi, en rappelant que toutes les femmes agissent de la sorte. Ali récita alors: "O vous qui croyez, pourquoi dites-vous ce que vous ne faites pas? C'est une grande abomination auprès d'Allah que de dire ce que vous ne faites pas."
Omar fut à son tour tué alors qu'il était son époux. Atika le pleura en vers, demandant à ses yeux de répandre poussière et lamentations sur l'imam, et appelant les gens éprouvés à mourir, puisque le calife avait bu à la coupe dont tous les hommes finissent par boire.
Az-Zoubayr Ibn Al-Awwam l'épousa ensuite. Après son assassinat, elle composa contre Ibn Jarmouz: "Ibn Jarmouz a traîtreusement frappé un cavalier courageux qui, le jour de la rencontre, n'avait aucune hostilité envers lui. Si tu l'avais averti, tu l'aurais trouvé nullement téméraire, et ni les frissons de la mort ni tes mains ne l'auraient effrayé. Que ta mère te perde pour avoir tué un homme comme lui! Par Allah ton Seigneur, si tu as tué un musulman, le châtiment du meurtre volontaire t'atteindra."
Ali Ibn Abi Talib demanda ensuite sa main. Elle lui répondit: "O Commandeur des croyants, tu es ce qui reste des hommes et le maître des musulmans. Je crains que la mort ne me poursuive encore à travers toi." Il renonça donc à l'épouser. Atika assistait régulièrement à la prière collective dans la mosquée. Lorsqu'Omar l'avait demandée en mariage, elle avait posé comme conditions qu'il ne l'empêchât pas de fréquenter la mosquée et qu'il ne la frappât pas; il avait accepté.