La sadaqa : l'aumône volontaire et ses vertus

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Ce qui distingue la sadaqa de la zakat, ses formes les plus accessibles, ses récompenses rapportées et les règles de la discrétion.

Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55

Une notion plus large que la zakat

Le terme sadaqa dépasse la zakat : les fuqaha l'emploient pour l'aumône obligatoire comme pour l'aumône volontaire, la dépense familiale, le droit rendu et même le pardon (Fath al-Bari 3/262). C'est dans ce sens large que la zakat fut présentée à Mu'adh : « informe-les qu'Allah leur a prescrit une aumône prise sur leurs richesses et rendue à leurs pauvres » (al-Bukhari 1331, Muslim 19). La zakat est donc une sadaqa fixe : montant, seuil et destinataires définis ; la sadaqa volontaire reste libre par son montant et son moment.

L'aumône volontaire n'acquitte pas la zakat sans intention

Question classique : celui dont la zakat est due donne tout son bien sans viser la zakat, cela l'acquitte-t-il ? Malikites, shafi'ites et hanbalites répondent non : sans intention, aucun acquittement, comme cent inclinations priées sans viser une prière obligatoire ; an-Nawawi le dit par accord, et le bien donné reste une oeuvre volontaire. Abu Yusuf et Muhammad, compagnons d'Abu Hanifa, valident ce don intégral, la part obligatoire s'étant trouvé incluse ; pour un don partiel, Abu Yusuf n'acquitte rien, Muhammad acquitte la zakat de la part donnée. Un don fait d'une intention double, zakat et volontariat, demeure zakat selon Abu Yusuf, volontariat selon Muhammad.

Payer à la place d'un autre

al-Qarafi classe les actes dont autrui peut se charger : certains valent par accord, comme payer les dettes ou les dépenses ; d'autres ne valent jamais, comme la foi ; la zakat se trouve dans la classe disputée, car elle garde une part d'adoration qui requiert l'intention du débiteur. Si le payeur est un proche intime dont on accepte le geste sans permission, la sortie vaut selon l'analogie avec le sacrifice ; an-Nawawi et al-Maziri jugent valide la délégation en zakat depuis le bien de celui qu'on représente.

Le moment : promptitude et attente justifiée

Pour la majorité, l'ordre divin exige le versement dès que l'année s'achève, sans excuse de perte ni de dommage ; Ahmad serrait la règle : tout verser d'un coup à l'échue. Les hanafites dominants admettent le versement en tout temps tant qu'aucune réclamation n'intervient, al-Karkhi d'entre eux exigeant l'immédiat. Un retard reste admis pour une raison : attendre un parent plus prioritaire ou un pauvre plus nécessiteux, chose peu importante selon les hanbalites, jamais si les présents ont faim ; il en va de même pour un préjudice personnel à éviter, sur « pas de tort ni de nuisance ».

Avancer la zakat

al-Abbas interpella le Messager d'Allah au sujet de payer sa zakat d'avance, avant son échéance, et il lui en accorda la permission.Abu Dawud 1624, at-Tirmidhi 678, Ibn Majah 1795

Hanafites, shafi'ites et hanbalites admettent l'avance dès que le seuil existe, l'année n'étant qu'une condition et non la cause ; hanafites et hanbalites dans une narration ne fixent aucune limite, jusqu'à payer dix années d'un coup tant que le seuil demeure. Shafi'ites divisés sur plus de deux années. Malikites refusent l'avance comme on refuse la prière avant son heure ; la dîme, elle, ne s'avance jamais avant la pousse.

Dans le glossaire islamique : زكاة لكلمة زكاة زكاة الفطر مزكى السر
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