Fiqh islamique > Le jeûne > Le jeûne du voyageur et du malade
Le voyageur et le malade peuvent rompre et rattraper : les preuves, les conditions admises par les écoles, et la valeur de jeûner malgré la concession.
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Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
Les quatre écoles s'accordent : le malade qui craint, par le jeûne, une aggravation de son mal, un retard de guérison ou l'atteinte d'un organe, peut rompre et rattrape ; et rompre est pour lui une sunna, achever le jeûne étant déconseillé car cela peut mener à la ruine de la santé. an-Nawawi cite al-Qadi Iyad : la majorité des savants définit l'illness dispensée comme celle qui rend le jeûne pénible. Il précise : la peine dure suffit, sans exiger l'incapacité totale de jeûner. Ibn Qudama parle de maladie grave ; on demanda à Ahmad : quand le malade rompt-il ? Il dit : « Quand il ne peut plus. » Et : « Quelle maladie est plus dure que la fièvre ? » Certains anciens ont permis de rompre pour tout mal, même la rage de dent, mais la réponse leur oppose que le verset vise le mal que le jeûne nuit.
La majorité (hanafites, malikites dans un avis, shafi'ites, hanbalites en principe) : le sain qui craint la maladie par forte probabilité, sur un signe, une expérience ou le dire d'un médecin habile et pieux, peut rompre ; la simple imagination ne donne pas la licence. Les shafi'ites ajoutent : celui que la faim et la soif accablent au point de craindre la ruine doit rompre, même sain et résident, sur « et ne vous jetez pas dans la ruine » (al-Baqara 195). Celui qui jeûne malgré tout : son jeûne est valable et compte, mais Ibn Qudama le dit accompli en déconseillé.
Les quatre écoles jugent valide le jeûne du voyageur. Aisha a rapporté que Hamza ibn Amr al-Aslami, grand jeûneur, demanda : « Jeûnerai-je en voyage ? » Il répondit : « Si tu veux, jeûne ; si tu veux, romps » (al-Bukhari 1943, Muslim 789). Et Anas a dit : « Nous voyagions avec le Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) et on ne reprochait ni au jeûneur de jeûner ni à celui qui rompt de rompre » (al-Bukhari 1947, Muslim 787).
La majorité (hanafites, malikites, shafi'ites, hanbalites dans un avis) : jeûner est préférable si le jeûne ne le fatigue pas, sur « que vous jeûniez est meilleur pour vous » et le hadith de Hamza qui donne le choix ; Ibn Rushd écrit : ce qui est licence, il vaut mieux la quitter. Les hanafites ajoutent une limite : si la plupart de ses compagnons rompent ou partagent la dépense, rompre avec eux est préférable. Les hanbalites (dans le madhhab) et plusieurs malikites (Ibn Habib, Ibn Abd al-Barr) jugent rompre préférable : « Ce n'est pas de la piété que de jeûner en voyage », et : « Prenez les facilités qu'Allah vous a accordées ».
Une vraie distance : l'équivalent de deux jours de marche modérée, environ 49 km, selon les malikites, shafi'ites et hanbalites. Une résidence hors du chez-soi : malikites et shafi'ites, l'intention de s'installer quatre jours et nuits au plus ; hanbalites, davantage ; hanafites, quinze jours. Un voyage licite : la majorité (malikites, shafi'ites, hanbalites) refuse la licence au voyageur pécheur (brigandage, guerre injuste, commerce d'illicites) ; les hanafites l'accordent même en voyage pécheur, car les textes n'ont pas distingué les voyages. Sortir des habitations : Ibn Qudama : il ne rompt pas avant de laisser les maisons derrière son dos, c'est-à-dire de sortir des constructions ; la parole d'Anas, qui mangea avant de partir et dit « c'est une sunna », a été comprise comme le fait qu'il avait déjà quitté la ville, et le consensus des quatre écoles interdit de rompre avant de quitter son lieu de résidence, sur « Quiconque d'entre vous aperçoit le mois, qu'il le jeûne » (al-Baqara 185).
Trois cas fixent le moment : si le départ a eu lieu avant l'aube, ou que l'aube le surprend en voyage avec l'intention de rompre, il rompt par accord. S'il a pris l'intention de jeûner de nuit : les hanafites, malikites et shafi'ites (dans un avis) ne lui permettent pas de rompre ce jour-là ; s'il rompt tout de même, pas d'expiation chez la plupart (avis de Malik le plus répandu : aucune expiation, vu la confusion possible). Si la licence cesse : de retour dans sa ville en journée, les hanafites et les hanbalites (dans le madhhab) lui imposent de s'abstenir le reste du jour pour la sacralité du temps ; les malikites, les shafi'ites et une version hanbalite n'imposent rien. Celui qui décide de s'installer en un lieu redevient résident : il prie complet et jeûne Ramadan. Les métiers éprouvants (moissonneurs, ouvriers, gardiens) prennent l'intention de nuit, puis rompent si la peine les accable.
Avant le voyage : décider dès la nuit si l'on jeûne ou rompt, et ne pas rompre avant d'avoir quitté la ville. Le malade évalue son cas avec un médecin de confiance et rattrape ensuite jour pour jour.
La référence classique : environ 80-90 km (deux marhala) ; les savants contemporains ajoutent les voyages reconnus comme tels par la coutume.
C'est une autorisation, pas une obligation ; rompre et rattraper est plus aisé, jeûner est valide si sans difficulté.
S'il guérit, oui ; s'il ne guérit pas, il paie la fidya (voir la page fidya) : c'est la règle du vieillard et du malade durable.
Oui, les jours se rattrapent dans l'année ; la prudence recommande de ne pas retarder au Sha'bân suivant (Aïcha les rattrapait en Sha'bân).