L'allaitement et ses effets juridiques (rada'a)

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Le lait crée des liens de parenté : combien de tétées créent l'empêchement de mariage, qui devient parent de lait, et les divergences des écoles.

Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55

Ce que l'allaitement interdit

La règle est unanime : ce que la filiation interdit, l'allaitement l'interdit, d'après le verset « vos mères qui vous ont allaités, et vos soeurs par l'allaitement » (an-Nisa 23). C'est ainsi que le Prophète dit à propos de la fille de Hamza : « ce que l'allaitement interdit, la filiation l'interdit » (al-Bukhari 2502 ; Muslim 1447). Aisha rapporte aussi du Prophète : « ce que l'allaitement interdit, ce que la naissance l'interdit », dans une version : « ce que le lignage interdit ».

Les conditions de cet interdit

  • le lait doit parvenir à l'estomac de l'enfant, par la tétée, une sonde ou tout autre moyen : les quatre écoles ne font aucune différence ;
  • il doit se produire dans les deux premières années : les fuqaha s'accordent que l'allaitement au-delà des deux ans ne crée pas d'interdit ; Abu Yusuf et Muhammad chez les hanafites, Malik dans le Muwatta, les chaféites et les hanbalites s'appuient sur « les mères allaitent leurs enfants deux années complètes » (al-Baqara 233) et « son sevrage, en deux ans » (Luqman 14) ;
  • une seule tétée suffit : hanafites, malikites, les chaféites selon un avis, et une narration d'Ahmad retiennent l'interdit dès que le lait parvient à l'estomac, fût-ce par une seule prise ;
  • lait mélangé à un liquide : l'interdit s'attache si le lait domine, reconnaissable à son goût, sa couleur ou son odeur, selon la majorité des écoles ;
  • selon hanafites, un avis malikite, chaféites et hanbalites, le lait d'une fillette n'ayant pas atteint neuf années lunaires ne crée pas d'interdit ; l'école malikite retient en son fond l'avis contraire pour la fillette incapable de rapports ;
  • l'interdit ne naît pas du lait d'une bête : le Livre n'a légiféré que pour le lait humain.

Établir un allaitement, contester un mariage

Les fuqaha s'accordent à prouver l'allaitement par témoignage. Chez les hanafites, la parole des femmes seules ne suffit pas : il faut deux hommes, ou un homme avec deux femmes probes, car le lait peut être donné autrement que par la tétée. Si l'épouse affirme que son mari est son frère de lait et qu'il dément, sa parole n'est pas retenue contre lui : elle est soupçonnée de vouloir la rupture ; si le mariage n'a pas été consommé, elle n'a rien du mahr chez les malikites, et le sort du mahr change selon les cas chez les hanbalites.

Allaiter ou non : droits et charges

Si le nourrisson ne peut vivre sans lait, l'allaitement devient obligatoire par consensus, quand bien même la mère refuserait. La mère divorcée qui a fini son délai n'est pas obligée d'allaiter, sauf absence d'autre nourrice (al-Baqara 233). Si elle allaite, son salaire lui est dû ; la femme encore mariée allaitant son enfant, la fatwa est qu'elle allaite sans prendre de salaire auprès de son mari, selon les hanafites et un avis chaféite, sauf impossibilité de trouver une autre.

Note pratique

L'allaitement crée des liens familiaux durables : les vérifier avant un mariage, et les établir par des témoins quand ils engagent l'avenir d'un couple. Pour un cas précis, consulter un savant.

Dans le glossaire islamique : مهرُ نكاح مهرجان بو زرجمهر
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