Au-delà de la nafqa et de l'obéissance louable : le tableau complet des droits du mari et de la femme, avec les textes de la réciprocité.
Les droits de l'épouse
- le mahr, l'entretien, l'habillement, le logement selon les règles détaillées dans les pages du mahr et de la nafqa ;
- l'intimité conjugale : la femme peut réclamer ses droits ; les hanafites obligent le mari à répondre une première fois à sa demande, la suite relevant de la bienfaisance conjugale ; les malikites fixent une nuit sur quatre en cas de plainte pour négligence ; le mari ne peut y être tenu quand un empêchement existe (règles, lochies, pèlerinage) ;
- la protection de sa maternité : la pratique du retrait (azl) est licite pour les quatre écoles, mais sans le consentement de l'épouse libre : « le Prophète a interdit le retrait avec la femme libre sans son accord », rapport jugé faible par les spécialistes (Ibn Majah 1928), mais retenu par Malik, ash-Shafi'i et la majorité des savants ;
- la bienfaisance quotidienne : bien parler, ne pas nuire, ne pas la priver de ses droits tout en étant capable.
Les droits du mari
- l'obéissance en toute chose licite : les fuqaha s'accordent que l'épouse doit obéir à son mari dans ce qui n'est pas désobéissance à Allah, et qu'elle ne quitte pas la maison sans son autorisation ; Ibn Taymiyya précise que la femme mariée doit son obéissance d'abord à son mari, plus qu'à ses parents ;
- répondre à son appel conjugal : « Quand un homme appelle sa femme à son lit et qu'elle refuse, celui qui est dans les cieux s'irrite contre elle, et les anges la maudissent jusqu'au matin » (Abu Dawud 2141) ; les savants exceptent ce qui l'empêche : jeûne surérogatoire sans permission, maladie, règles ;
- la sauvegarde de son foyer et de ses biens en son absence : « La meilleure richesse est la femme vertueuse : qui te réjouit si tu la regardes, t'obéit si tu lui donnes un ordre, garde ton bien et elle-même quand tu t'absentes » ;
- le service du foyer : les hanafites en font une charge recommandée et non réclamable en justice ; Ibn Taymiyya et certains malikites l'obligent selon la coutume des familles et la capacité du mari.
Les devoirs communs
La majorité des savants impose à chacun des deux la bonne compagnie et l'arrêt du tort : « Vivez avec elles dans la convenance » (an-Nisa 19), « Elles ont des droits équivalents à leurs devoirs, selon la convenance » (al-Baqara 228). Ibn Abbas disait : « J'aime me parer pour ma femme comme j'aime qu'elle se pare pour moi ». Chacun pardonne, supporte, ne rappelle pas ses faveurs. Le verset donne à l'homme un degré de responsabilité : la charge du foyer pèse sur lui.
Note pratique
Droits et devoirs s'équilibrent : elle reçoit entretien et protection, il reçoit obéissance et fidélité, et les deux se doivent la bienfaisance quotidienne. En cas de tension, ces repères tirés des quatre écoles servent de boussole, avant de consulter un savant.