Le tabac, la chicha et les drogues

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Fumer et se droguer : le statut du tabac selon les écoles, l'unanimité sur les stupéfiants, et la voie du sevrage encouragée par le fiqh.

Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55

Le tabac est arrivé au monde musulman au 16e siècle, après la révélation : sa qualification s'est faite par les règles générales du nuisible et du gaspillage, jusqu'à l'avis nommé des savants contemporains. Les drogues, elles, tombent sous l'interdit explicite de l'ivresse.

Le tabac : l'avis des savants sunnites contemporains

  • Ibn Baz (fatwa publiée sur son site officiel et dans ses recueils) : fumer est illicite (haram), la chicha comme la cigarette, à cause du mal établi qu'elle cause au corps et à l'argent ;
  • le Comité permanent pour la recherche et les fatwas (Fatawa al-Lajna ad-Da'ima) : la culture, le commerce et la consommation du tabac sont illicites, par le verset : « ne vous jetez pas dans la destruction » (sourate al-Baqara 195) et « ne vous tuez pas » (sourate an-Nisa 29) ;
  • l'historique de la qualification : des savants antérieurs ont hésité entre détestable et illicite selon les connaissances de leur temps ; les données médicales modernes (cancers, maladies cardiovasculaires) ont tranché le débat empirique et la fatwa a suivi ; celui qui tient le tabac pour détestable seulement l'a au minimum évité ;
  • la chicha et la cigarette électronique : même qualification que le tabac ; les substances inconnues de la vape relèvent du doute évité (al-Bukhari 2051) ;
  • le fondement scripturaire : « ils demandent ce qui est licite : déclare-leur licites les bonnes choses et interdis-leur les mauvaises » (sourate al-A'raf 157).

Les drogues : interdit unanime

Tout enivrant est vin, et tout enivrant est interdit.Muslim 2003
  • Le critère : toute substance qui enivre (cannabis, opiacés, cocaïne, stimulants) entre sous l'interdit du khamr : « tout enivrant est illicite » (al-Bukhari 5143, 5575) ;
  • le commerce : le trafic de stupéfiants est coopération au péché et à l'hostilité (sourate al-Ma'ida 2) ;
  • les exceptions médicales : morphine prescrite, traitements contrôlés : admis par nécessité médicale documentée, la règle de la nécessité levant l'interdit à sa mesure.

La voie du sevrage

L'intention de rompre, les moyens licites (accompagnement médical, substituts autorisés), l'entourage qui protège, et le retour de la santé comme acte religieux : le corps est un dépôt confié (sourate al-Baqara 195). La rechute n'annule pas le repentir : on reprend l'effort.

Note pratique

Pour la jeunesse : la prévention par la parole franche et le sens (le corps confié, l'argent dépensé utile). Pour l'entourage d'un dépendant : jamais la moquerie, toujours l'aide orientée vers le soin.

Dans le glossaire islamique : إشراب شراب أفطر عندكم الصائمون وأكل طعامكم الأبرار طعام
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