Fiqh islamique > Les aliments et les boissons > Manger l'interdit par nécessité (darura)
La règle de la nécessité : ce que le Coran autorise quand la vie est en jeu, ses limites (le nécessaire, pas le surplus) et son application moderne.
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Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
La règle de la nécessité (darura) repose sur le verset répété du Coran : « quiconque est contraint, sans abus ni transgression, aucune faute ne lui sera imputée » (al-Baqara 173). L'encyclopédie en fixe l'étendue et les limites.
Tous les savants s'accordent que l'interdit devient licite pour celui qui craint pour sa vie la destruction par la faim ou la soif, à la mesure de ce qui écarte la mort : bête morte, sang, porc, ce qui a été immolé pour autre qu'Allah. La licéité vaut pendant l'état de contrainte (Ibn Abd al-Barr), et s'éteint avec lui.
Deux bêtes mortes et deux sangs nous ont été rendus licites : les deux bêtes mortes sont le poisson et le criquet.rapporté du Prophète et cité par l'encyclopédie d'après al-Mughni
Le criquet, lui, est licite sans nécessité, par unanimité consignée par Ibn Qudama, d'après Ibn Abi Awfa : « nous avons mené sept expéditions avec le Messager d'Allah en mangeant du criquet » (al-Bukhari).
Toutes les écoles s'accordent que la permission cesse au-delà du rassasiement : prendre du surplus n'est plus couvert par la contrainte. Malik rapporte l'enseignement le plus juste : celui qui est contraint mange jusqu'à satiété et en fait provision, puis rend ce qui reste s'il trouve de quoi vivre.
Ibn Abd al-Barr ajoute une conséquence sociale : celui qui connaît une personne en danger de mort et détient de quoi retenir son souffle ne doit pas la laisser mourir ; s'il est seul, cela lui incombe seul ; si le cas survient à plusieurs, la charge pèse sur le groupe cette nuit-là. De même, manger le champ d'autrui sous la contrainte est licite : la majorité enseigne qu'il n'y a pas d'indemnité due pour ce qui a sauvé la vie, un avis divergent demandant la compensation.
La darura s'apprécie au cas par cas et cesse dès que le danger s'éloigne ; son cadre ici est celui que le Coran a fixé : le nécessaire, sans abus ni transgression.