La renonciation à l'héritage et la cession de part

Fiqh islamique > Les successions et la wasiya > La renonciation à l'héritage et la cession de part

Un héritier peut-il renoncer ? Vendre sa part ? Donner sa future part du vivant du défunt ? Les règles de la renonciation, du pacte sur succession et des pièges.

Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55

La renonciation est licite et protégée, à condition d'être réelle : le fiqh l'encadre pour éviter la fraude et la pression, car la succession s'ouvre par la mort même.

La renonciation après le décès

  • Le principe d'accord : l'héritage s'ouvre par la mort, et la part de chaque héritier devient la sienne dès la mort du défunt (Ibn Qudama, Al-Mughni, chapitre du mirath). La « renonciation » après le décès est donc juridiquement un transfert de sa part aux cohéritiers : donation ou cession entre majeurs capables, et non une répudiation qui ferme la porte.
  • La part renoncée : elle ne passe pas automatiquement à celui en faveur de qui on croirait renoncer : les écoles divergent sur sa destination (les agnats chez les malikites, la part des autres héritiers au prorata chez les shafi'ites, les héritiers du renonçant chez les hanafites) ; la voie simple est la donation ultérieure des cohéritiers (Ibn Rushd, Bidayat al-Mujtahid ; Mughni al-Muhtaj).
  • La renonciation moyennant compensation (céder sa part contre une somme) : c'est une cession de part, licite au prix réel, avec l'accord de tous si le patrimoine est indivis.
  • La renonciation forcée (pression, menace) : nulle : « Pardonné à ma communauté pour l'erreur, l'oubli et la contrainte » (Ibn Majah 2043) ; de même le renonçant qui se dépouille pour frauder ses créanciers : l'acte frauduleux ne tient pas.

Le pacte sur succession future : la règle ferme

  • Donner ou vendre la part future du vivant du défunt : nul, car nul ne sait qui héritera de qui ; les promesses sur l'héritage d'un vivant ne créent pas de droits, et « il n'y a pas de legs en faveur d'un héritier » (at-Tirmidhi 2120).
  • Les causes d'exclusion classiques : le meurtre de l'héritier, la différence de religion et la barā'a (la rupture du lien qui fondait l'héritage) : Ibn Rushd les consigne dans son Bidayat al-Mujtahid comme le triple cadre des exclusions.
  • Les donations du vivant restent la voie licite pour avancer des biens (voir la page hiba) ; les cohéritiers peuvent, après l'ouverture, céder et échanger leurs parts librement entre majeurs capables : l'amiable prime.

Le droit civil et le fiqh

Le Code civil français encadre la renonciation : l'option successorale se joue dans les quatre mois de l'ouverture (article 771), la renonciation s'exprime par écrit et ne peut avantager un cohéritier au détriment de l'ensemble ; le renonçant échappe aussi aux dettes du défunt. Le musulman joue de ces règles pour exprimer une renonciation réelle, libre et documentée.

Note pratique

Avant toute renonciation : vérifier les dettes du défunt, agir dans le délai légal, et acter par écrit devant notaire : la renonciation libre et documentée est la seule qui tienne devant tous les tribunaux.

Dans le glossaire islamique : تركة وصية خصوصية
بسم الله الرحمن الرحيم ven. 21 Rabi' 1
الجمعة 21 ربيع الأول
التربيع الأخير Dernier Quartier Jour 22.4 / 29.5
Illumination 47%
Nouvelle lune dans 7 jours
اللهم صل على محمد Ô Allah prie sur Muhammad