La wasiya (testament) : statut et limites

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Le testament : obligation en cas de dettes ignorées, le tiers optimal, les bénéficiaires permis et interdits, et les cinq statuts légaux.

Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55

Légalité et statut

Le testament est légal par le Coran : « Il vous est prescrit, quand la mort survient à l'un de vous et s'il laisse un bien, de faire un testament en faveur de ses parents et de ses proches selon la bienséance : devoir pour les pieux » (sourate al-Baqara 180-181), et « après un testament qu'il aurait fait ou une dette » (sourate an-Nisa 11). Sa'd ibn Abi Waqqas rapporte que le Prophète (paix et salut sur lui), visité pendant sa maladie, répondit à sa question « tout mon bien ? » par la négative, puis « la moitié ? » par la négative, puis « le tiers ? » :

« Le tiers, et le tiers est beaucoup : laisser tes héritiers riches vaut mieux que de les laisser tendre la main vers les gens. »al-Bukhari 5039 ; Muslim 1628

Le testament est obligatoire pour des dettes inconnues, des dépôts et des droits impayés (accord des savants ; Ibn Abd al-Barr : le testament n'oblige personne, sauf s'il a une dette, un dépôt ou une amanate) : « Il n'appartient pas à un musulman qui a quelque chose à léguer de passer deux nuits sans son testament écrit sous sa main » (al-Bukhari 2738 ; Muslim 1627), hadith rapporté à celui qui a une dette ou un dépôt. Il est recommandé au profit d'un étranger pieux, déconseillé pour les gens de la débauche si le legs risque d'être détourné (hanafites), et interdit en cas de nuisance : léguer une dette fictive pour léser les héritiers, que le verset interdit : « sans préjudice » (sourate an-Nisa 12).

Le plafond du tiers

Accord des savants : qui laisse des héritiers ne peut léguer plus du tiers ; au-delà, le legs est suspendu à la ratification des héritiers (Ibn Abd al-Barr : accord des savants musulmans ; Ibn al-Mundhir : accord sur la limitation aux deux tiers ; Ibn Hazm : accord, en santé comme en maladie). « Allah vous a fait aumône, au moment de votre mort, d'un tiers de vos biens, en surcroît pour vos oeuvres » (Ibn Majah 2709 ; Ahmad).

Le tiers entier, moins ou rien ?

Héritiers riches : le legs du tiers entier est recommandé chez shaféites et une partie des hanbalites et hanafites ; la position célèbre des hanafites et le madhhab hanbalite préfèrent rester en dessous du tiers. Héritiers pauvres : hanafites et shaféites recommandent de léguer moins du tiers, si le patrimoine est grand, par le hadith de Sa'd ; an-Nawawi résume : héritiers riches, le tiers est recommandé par surcroît ; héritiers pauvres, on se réduit. Des savants ont préféré le cinquième, reprenant le choix rapporté d'Ala ibn Ziyad et des savants de son époque.

Note pratique

Rédiger un testament écrit, mentionner les dettes et dépôts, ne pas dépasser le tiers sans l'accord des héritiers, et viser l'équité sans nuire à personne : quatre points qui résument la Sunna du testament.

Questions fréquentes

Le testament est-il obligatoire ?

Non, mais recommandé surtout quand on a des volontés pour des non-héritiers (œuvres, proches hors parts) ; le Prophète recommandait de l'écrire vite.

Jusqu'à combien peut-on léguer ?

Le tiers du patrimoine net (après dettes) sans accord des héritiers ; au-delà, l'accord des héritiers adultes est requis.

Peut-on léguer à son propre héritier ?

Non par la règle classique, sauf accord des autres héritiers après l'ouverture (voir la page du legs à l'héritier).

Dans le glossaire islamique : تركة وصية خصوصية
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