Fiqh islamique > Les successions et la wasiya > Le wasi : l'exécuteur testamentaire
Nommer quelqu'un pour exécuter ses volontés : le statut de l'exécuteur testamentaire (wasi), ses missions, ses pouvoirs et sa responsabilité.
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Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
Le wasi (exécuteur testamentaire) est celui qui est chargé des dispositions après la mort. Les piliers de la charge sont quatre : un exécuteur, un testamentaire, un objet de mission, une formule. Conditions : être musulman (accord des jurisconsultes : pas d'exécution d'un musulman par un non-musulman, même sur ses enfants musulmans ; sourate an-Nisa 141), être doué de raison, et être équitable et digne de confiance : la majorité des quatre écoles exige l'équité dès la nomination ; les malikites : toute apparition de perversité le révoque, de même que l'inimitié envers le protégé, ses actes postérieurs avant révocation demeurant valables ; les shaféites prennent les qualités au moment de la mort. Être capable : l'exécuteur faible mais intègre n'est pas révoqué, le juge lui adjoint un appui solide pour compléter la mission (hanafites, shaféites, hanbalites).
Accord des quatre écoles, sauf Ata : la masculinité n'est pas requise. Le Prophète (paix et salut sur lui) confia des biens de campagne à Umm Ayman avant une expédition, et autorisa Hind à dépenser pour ses enfants avec la parole « prends ce qui te suffit, toi et ton enfant, selon la bienséance » : il la fit gérante de la dépense sur ses petits.
Texte de la plupart des jurisconsultes : qui meurt laissant des enfants mineurs sans exécuteur : le juge se substitue et choisit le curateur (Ibn Hazm : accord sur l'obligation pour le gouverneur de nommer le plus apte). an-Nawawi : sans nomination, le grand-père est le plus apte aux dettes et aux affaires des enfants ; l'école shaféite (Zakariya al-Ansari) : le grand-père avant le juge, sauf l'exécution des volontés, domaine du juge. Chez hanbalites : le juge n'a pas de contrôle parallèle quand l'exécuteur particulier est compétent pour la mission confiée ; la nomination particulière coupe la tutelle générale, sauf objection si l'exécuteur outrepasse.
Accord des savants : consommer le bien de l'orphelin par injustice ou gaspillage est un grand péché : « ceux qui mangent injustement les biens des orphelins avalent du feu dans leurs ventres » (sourate an-Nisa 10). Abu Hanifa et Muhammad : le curateur ne consomme pas du bien de l'orphelin ; la divergence existe entre écoles sur la rémunération dans le besoin. Le curateur peut déléguer ce qu'il ne peut faire lui-même (texte de la plupart des juristes).
Le curateur qui accepte puis se retire du vivant du testamentaire : la rétractation est valide chez la plupart (hanafites, malikites dans un avis, shaféites dans un avis, hanbalites) ; malikites (un avis) : pas de retour après acceptation ; shaféites (avis le plus sûr) : l'acceptation ne vaut qu'après la mort du testamentaire.
Choisir un exécuteur intègre, capable et informé, le nommer par écrit et prévoir un remplaçant : dans le mandat de Mu'ta, le Prophète (paix et salut sur lui) désigna Zayd, puis Ja'far, puis Abd Allah ibn Rawaha, modèle de succession de responsabilité.