Les successions internationales : biens dans plusieurs pays
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Les successions internationales : biens dans plusieurs pays
Un défunt avec des biens en France, au Maroc et ailleurs : quel droit s'applique, comment organiser le partage, et le rôle du testament multiple.
Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
La diaspora meurt souvent avec des comptes ici, une maison là, des terres ailleurs : chaque État applique son droit aux biens situés sur son territoire, et le fiqh se déploie dans les marges de liberté que ce cadre laisse.
Le cadre légal européen
- Le règlement (UE) n° 650/2012 du 4 juillet 2012 (successions) : la loi applicable par défaut est celle de la résidence habituelle du défunt (article 21) ; il permet aussi de choisir la loi de sa nationalité (article 22) : le musulman peut ainsi rattacher sa succession à une loi plus proche des parts légales.
- Le certificat successoral européen : créé par ce même règlement (article 62 et suivants), il circule dans toute l'Union sans formalité supplémentaire.
- Hors Union : les immeubles suivent la loi du lieu où ils se trouvent, et les meubles souvent la loi de la dernière résidence : chaque pays du patrimoine peut exiger sa propre procédure, avec actes traduits et légalisés.
La stratégie fiqh
- Un testament par juridiction : un testament local, valide en forme dans le pays, qui applique les parts islamiques dans la marge disponible, avec un inventaire mondial annexé.
- Les familles mixtes : le Conseil européen de la fatwa et de la recherche (ECFR) a autorisé, dès sa 5e session ordinaire (Amsterdam, 1999), l'héritage du musulman depuis ses proches non musulmans : avis déterminant quand une succession s'ouvre dans plusieurs États sur des héritiers de religions différentes.
- Les donations du vivant : transférer les biens sensibles de son vivant réduit les conflits de lois (avec un conseil fiscal sérieux).
- Les terres du bled : titres fonciers documentés, taxes locales payées, mandataire local de confiance : les litiges de biens du bled sont les plus fréquents des diasporas.
Les divergences à anticiper
- La réserve civile et les parts islamiques : un pays protège davantage le conjoint, un autre partage égalitairement : anticiper par le testament la répartition la plus conforme (en France, la réserve des enfants, Code civil article 913).
- La pluralité d'épouses non reconnue localement : les droits de la seconde épouse se sécurisent par les instruments contractuels du vivant : sujet à traiter avec un juriste et un savant ensemble.
Note pratique
Testament local + inventaire mondial + wasi habilité + contacts dans chaque pays : ce dossier préparé du vivant vaut des années de procédure, et c'est la prévoyance que commande le fiqh (al-Bukhari 2738).
بسم الله الرحمن الرحيم
ven. 21 Rabi' 1
الجمعة 21 ربيع الأول
حسبنا الله ونعم الوكيل
Allah nous suffit, quel excellent protecteur