Fiqh islamique > La prière > La prière de la sécheresse et l'appel de la pluie (istisqa)
Quand la terre manque d'eau : l'istisqa, sa forme, son lieu, les invocations du Prophète pour la pluie et les attitudes qu'il a interdites.
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Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
Quand la pluie manque, les savants s'accordent : sortir pour demander la pluie, quitter la ville, invoquer Allah et L'implorer est une sunna instituée par le Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui). Elle se vit en communauté, hors de l'habitat, dans un lieu de prière ouvert.
Abdallah ibn Zayd rapporte de son oncle : le Prophète sortit au lieu de prière, demanda la pluie, se tourna vers la qibla, retourna son manteau et pria deux rak'as (rapporte par al-Bukhari et Muslim). Le retournement du manteau exprime l'espoir du changement : Sufyan l'explique comme placer la droite à la place de la gauche.
Les écoles varient sur ce detail : le retournement concerne les hommes et non les femmes selon tous ; Abu Yusuf et Muhammad, parmi les hanafites, le limitent à l'imam seul, car il n'a été rapporte que du Prophète ; Abu Hanifa ne le tient pas pour une sunna, arguant que le Prophète a demandé la pluie un jour de vendredi sans retourner son manteau (rapporte par al-Bukhari et Muslim). L'essentiel reste l'appel humble d'Allah : deux rak'as, la qibla, et l'invocation.
'Umar faisait porter l'invocation par al-'Abbas ibn 'Abd al-Muttalib, oncle du Prophète, en disant : nous avions coutume de demander la pluie par notre Prophète, et nous demandons par l'oncle de notre Prophète (rapporte par al-Bukhari). La communauté reconnait donc la valeur de l'invocation appuyée sur un homme de bien.
L'istisqa n'est pas un rituel automatique : elle appelle le retour vers Allah, le pardon des fautes et la justice envers les gens, puis la prière et l'invocation collective. Le défaut de pluie est un rappel avant d'être une calamite.