Fiqh islamique > Le mariage et la famille > Le mut'a : le mariage temporaire est nul
Le mariage à durée fixée et dot déterminée sans héritage : pourquoi les quatre écoles le déclarent nul, avec les textes de son abrogation.
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Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
Fixer le mariage sur une durée est invalide, par accord des fuqaha des quatre écoles : c'est le nikah al-mut'a, le mariage temporaire que le Prophète a interdit. Plusieurs compagnons l'ont rapporté.
Ali ibn Abi Talib dit à Ibn Abbas : le Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) a interdit la mut'a et la chair de l'âne domestique le jour de Khaybar.al-Bukhari 4825 ; Muslim 1407
Le Prophète a interdit le nikah al-mut'a, et le jour de la conquête de la Mecque il a interdit la mut'a des femmes.Muslim 1406
Rabi' ibn Sabra raconte que lors du pèlerinage d'adieu, un homme s'était marié pour dix pièces de tissu avec un terme fixé ; le lendemain, le Prophète déclarait du haut de sa chaire : « Celui d'entre vous qui a épousé une femme pour un terme, qu'il lui donne ce qu'il a fixé ». Le mariage temporaire fut ensuite définitivement fermé : « Allah a interdit la mut'a jusqu'au Jour de la résurrection ».
Le mariage, chez les savants, entraîne des règles qui définissent l'épouse : l'héritage entre les deux, le délai d'attente après le décès ou le divorce, la révocabilité, l'entretien. Rien de tout cela n'existe dans le mariage à durée fixée : la femme qui en sort n'hérite pas, n'a ni délai d'attente ni entretien. Le Coran ferme le dossier : « ceux qui gardent leur chasteté, sauf auprès de leurs épouses ou des captives qu'ils possèdent : ils sont alors sans reproche ; quiconque cherche au-delà, voilà les transgresseurs » (al-Ma'arij 29-31). La femme d'une union temporaire n'est ni épouse au sens du Livre, ni captive.
Un autre terme, la mut'a du divorce, désigne le cadeau de départ que le mari doit à la femme répudiée avant consommation, en vertu de : « Et donnez-leur une compensation, l'aisé selon sa capacité » (al-Baqara 236). Hanafites, chaféites et hanbalites l'imposent comme un devoir apprécié à la coutume ; malikites et une narration hanbalite imposent la moitié du mahr de son semblable. C'est une compensation pour une rupture après un mariage valide : cela n'a rien à voir avec le mariage temporaire, lui, nul de bout en bout.
Tout projet matrimonial qui fixe une échéance, cache une durée ou prévoit une sortie automatique n'est pas un nikah : il ne crée ni filiation ni droits. Se marier, c'est s'engager pour la durée ; pour un cas particulier, consulter un savant.