Les cas particuliers des funérailles

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L'enfant, le martyr, le suicidé, le criminel, l'absent, le noyé, l'incinéré et le non-musulman : les règles funéraires des cas particuliers.

Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55

Martyr, personne tuée injustement, enfant né sans vie, femme enceinte décédée : l'encyclopédie réunit ici les cas qui sortent du régime ordinaire du lavage et de la prière.

Le martyr de la bataille

Les quatre écoles s'accordent : le martyr tué au combat n'est ni lavé ni prié, il est enterré dans ses vêtements avec son sang, après retrait du métal et du cuir, d'après l'ordre donné sur les morts d'Uhud (rapport d'Ibn Abbas, jugé faible dans sa chaîne ; l'accord est consigné par an-Nawawi). Les définitions diffèrent : les hanafites y rangent celui que les polythéistes ont tué ou qui fut trouvé sur le champ avec une trace, et aussi celui tué injustement ; les malikites restreignent au tué dans l'affrontement ; an-Nawawi donne la définition chafiite : celui qui meurt à cause du combat au moment où il fait rage, quelle que soit la main qui a frappé ; les hanbalites retiennent le mort par le combat au temps du combat.

Celui qui est tué injustement

Hanafites et Ahmad dans une transmission ne le lavent pas, l'assimilant au martyr, sur la parole « celui qui est tué défendant son bien est martyr » ; malikites, chafiites et Ahmad dans l'autre transmission le lavent et prient sur lui, sa mort n'atteignant pas le rang du martyr du champ de bataille.

Le combattant mort avant la bataille

Celui qui sort pour le combat et meurt de maladie avant l'affrontement n'est pas un martyr de la bataille : il est lavé, enseveli et prié comme tout musulman, tout en étant martyr dans l'au-delà si son intention était sincère (al-Kasani, al-Mawardi).

L'enfant né sans vie ou décédé en bas âge

S'il a poussé un cri ou montré un signe de vie, il est lavé et prié par unanimité (Ibn al-Mundhir). S'il est formé à quatre mois sans signe de vie : hanafites (avis le plus solide), chafiites (dans le mazhab) et hanbalites le lavent ; malikites, chafiites (dans l'autre avis) et hanafites dans une transmission se contentent de laver son sang et de l'envelopper. La prière n'est donnée qu'après le cri selon la majorité (hadith : « l'enfant n'est pas prié, n'hérite ni n'est hérité avant de pousser un cri », at-Tirmidhi 1032) ; Abu Hanifa et Ahmad dans un ancien avis la donnent (Abu Dawud 3180).

La femme enceinte décédée

Si l'on espère la vie de l'enfant, hanafites, chafiites et Malik dans une transmission ordonnent d'ouvrir le ventre pour l'extraire, la vie présente valant plus que l'inviolabilité du mort. Hanbalites et malikites (avis retenu) rejettent l'incision : les sages-femmes retirent l'enfant par les voies naturelles, et la mère n'est enterrée qu'après certitude de sa mort, sur la parole : « briser l'os du mort est comme briser l'os du vivant » (Abu Dawud 3207 ; Ibn Majah 1616).

La non-musulmane enceinte d'un enfant de musulman

La solution la plus prudente, retenue par la majorité : l'enterrer dans une tombe à part entre les deux cimetières, le dos tourné à la qibla pour que le visage de l'enfant y fasse face. Les chafiites portent deux autres avis : l'enterrer au cimetière des musulmans à cause de l'enfant (rapport d'Umar), ou parmi les siens (avis retenu chez les malikites).

Note pratique

Chaque cas se règle par une balance : la vie présente prime, la certitude de la mort conditionne l'enterrement, et le statut du martyr dépend du champ de bataille.

Dans le glossaire islamique : قبر مقبرة أقبر تجهيز الميت
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