Fiqh islamique > Les funérailles > La prière funéraire de l'absent (salat al-gha'ib)
Prier pour un mort enterré ailleurs : l'exemple fondateur du Prophète pour le Négus, les conditions et les divergences des écoles.
Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
Prier sur un mort absent de la ville, sans corps devant soi : la question oppose deux blocs d'écoles, et l'encyclopédie donne les textes de chacun.
Chafiites et hanbalites la permettent, que la distance soit courte ou longue, la personne restant orientée vers la qibla, d'après le hadith du Négus :
Le Messager d'Allah annonça aux gens, alors qu'il était à Médine, la mort du Négus, maître de l'Abyssinie, le jour même où il mourut. Il dit : votre frère est mort ; levez-vous et priez sur lui. Ils formèrent deux rangs derrière lui et prièrent comme on prie sur le mort, avec quatre takbirs.Muslim 951
Le lieu de la prière est le musalla, la personne priant comme sur un corps présent devant elle. Ibn Taymiyya ajoute une condition : que l'absent soit séparé de la ville d'une distance assimilable au voyage.
Hanafites et malikites, et Ahmad dans une transmission, la refusent et la jugent détestée : la présence du corps devant la personne qui prie et l'orientation vers la qibla figurent parmi les conditions de validité, et elles manquent ici. Leur argument complémentaire : de nombreux proches du Prophète moururent à son époque sans qu'il soit rapporté qu'il priât sur eux, lui qui disait : « qu'aucun de vous ne meure sans m'en informer, car ma prière sur lui est miséricorde » (an-Nasa'i 284 ; Ibn Majah 1528). Sa prière sur le Négus est alors tenue pour une particularité propre au Prophète.
Les deux blocs partagent les mêmes textes et divergent sur leur portée : la prière de l'absent reste possible selon une partie des écoles, et l'avis prudent consiste à suivre son école sur ce point.