Les traditions du deuil à éviter : le « 40e jour » et ses dérivés

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Le quarantième jour, les repas obligatoires, les corans rémunérés : ce que la Sunna établit pour le deuil et ce qu'elle ne connaît pas.

Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55

De nombreuses cultures musulmanes ont développé des rituels de deuil que la Sunna ne connaît pas : le quarantième jour, l'anniversaire de la mort, les repas obligatoires, les Corans rémunérés. La méthode du fiqh : distinguer ce qui est rapporté de ce qui est ajouté, avec l'avis nommé des savants.

Ce que la Sunna établit

  • Le deuil de la veuve : quatre mois et dix jours (sourate al-Baqara 234) ; le deuil général de trois jours pour toute femme autre que la veuve (Muslim 968) ;
  • les condoléances : visites et paroles de réconfort, sans limite de temps ; nourrir la famille éprouvée : « préparez de la nourriture pour la famille de Ja'far, il leur est arrivé ce qui les occupe » (at-Tirmidhi 998) : c'est la famille du mort qu'on nourrit, pas l'inverse ;
  • l'invocation, l'aumône et le pèlerinage au nom du mort : voies rapportées et recommandées.

Ce que la Sunna ne connaît pas

  • Le 40e jour : interrogé sur le rassemblement quarante jours après la mort pour lire le Coran, Ibn Baz a répondu que cela ne se fait « ni au quarantième jour, ni au premier, ni à la deuxième semaine, ni à l'anniversaire : tout cela fait partie des innovations et des superstitions » (fatwa n° 10842, site officiel) ;
  • le Comité permanent pour la recherche et les fatwas (Fatawa al-Lajna ad-Da'ima) : rien, dans le Coran, la Sunna ni la pratique des compagnons, n'établit une date fixe de rassemblement en mémoire du mort, ni le 1er jour, ni les 7 jours, ni les 40 ;
  • Ibn Uthaymin : le « mâtam du 40e jour » est une des innovations que certains organisent quand quarante jours passent sur le défunt ; rien n'en est rapporté dans la Sunna ;
  • les repas obligatoires aux visiteurs : la niyaha suivie de repas est expressément blâmée (Ibn Majah 1610) ; inverser le sens (nourrir la famille éprouvée) est la Sunna ;
  • les pleureuses et les veillées bruyantes : interdites (la niyaha, Muslim 934 ; « n'est pas des nôtres celle qui se frappe les joues », Muslim 103) ;
  • les Corans rémunérés collectifs à date fixe : la lecture pour le mort est espérée en grâce selon la majorité ; la contracter contre paiement en rituel daté transforme l'acte de piété en service.

La voie du milieu

Se souvenir du mort un jour quelconque par une visite, une aumône ou une invocation n'est pas en cause : le blâme porte sur le rituel obligatoire et son commerce. Les familles honorent le mort par des actes établis : l'aumône continue (« quand l'homme meurt, ses œuvres s'interrompent sauf trois : une aumône qui court, une science utile, un enfant vertueux qui invoque pour lui », Muslim 1631), l'invocation, la lecture personnelle gratuite.

Note pratique

Face à une famille attachée à ces coutumes : douceur et union d'abord. Le fiqh interdit d'exploiter le deuil, pas de consoler : que l'argent et l'énergie aillent au mort (aumône) et aux vivants (accompagnement), pas au rituel.

Dans le glossaire islamique : قبر مقبرة أقبر تجهيز الميت
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