Le qisas et la diyat : homicide et indemnisation

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Le cadre coranique de l'homicide : égalité devant la vie, droit des héritiers de pardonner ou d'accepter l'indemnisation (diya), et la procédure exigeante de la preuve.

Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55

L'atteinte à la vie n'est pas traitée par un hadd mais par le couple qisas (rétribution égale) et diya (indemnisation). L'encyclopédie commence par diviser les homicides en catégories, car le traitement en dépend.

Trois catégories d'homicide

Les juristes distinguent le meurtre intentionnel (qatl al-amd), le meurtre par erreur (khata) et le meurtre quasi intentionnel (shibh al-amd). Le meurtre intentionnel, pour malikites, chafiites et hanbalites, suppose l'intention de frapper et l'intention de tuer avec un instrument mortel dans la plupart des cas ; les hanafites l'étendent au fait de frapper délibérément avec un instrument tranchant, quel que soit le lieu visé. L'erreur pure fait l'objet d'un consensus, note Ibn al-Mundhir : viser autre chose et frapper une personne. Le quasi-intentionnel réunit l'intention de frapper sans intention de tuer, comme frapper avec un petit bâton ou un fouet ; Abu Hanifa y ajoute les instruments lourds non destinés au combat, comme le gros maillet ou la grosse pierre.

Le qisas : règle et exceptions

Le qisas pour le meurtre intentionnel fait l'unanimité (Ibn Hazm, Ibn Rushd, Ibn Qudama). Ses exceptions connues : le parent ascendant qui tue son descendant n'est pas mis à mort, il paie la diya la plus lourde de sa propre fortune, d'après le récit où Umar dit : « un parent n'est pas tué pour son enfant, et si je n'avais pas entendu le Messager d'Allah le dire, je t'aurais tué » (Musnad Ahmad 346). Le meurtrier perd l'héritage. Si le défunt laisse plusieurs ayants droit et que l'un pardonne, le qisas tombe entièrement et se convertit en diya : les quatre écoles s'accordent dessus.

Comment le qisas s'exécute

Hanafites et hanbalites dans le mazhab limitent l'exécution à l'épée (entendue comme l'arme tranchante), sur la parole : « Pas de qisas sauf par l'épée » (Ibn Majah 2667-2668, rapport jugé faible). Malikites, chafiites et hanbalites dans une transmission exécutent par le moyen même du crime : brûlé pour celui qui a brûlé, noyé pour celui qui a noyé, choix que retient Ibn Taymiyya. Le pardon des ayants droit reste possible à tout instant, de même que le rachat contre la diya.

Celui dont un proche a été tué a le meilleur des deux choix : faire exécuter ou accepter le rachat.al-Bukhari 112 ; Muslim 1355

La diya : montant et divergences

Le consensus porte sur le montant de base : 100 chamelles pour la vie d'un homme libre musulman (Ibn al-Mundhir, al-Amrani). Pour la femme libre, la moitié, soit 50 chamelles, par unanimité (al-Shafi'i : « je ne connais aucun désaccord à ce sujet »). Sur la forme de paiement : Abu Hanifa retient 10 000 dirhams d'argent ; malikites, chafiites (avis ancien) et hanbalites retiennent 12 000 dirhams ; chafiites (avis récent) évaluent à la valeur courante. Bétail et vêtements ne sont reçus que par accord des parties selon la majorité ; hanbalites et Abu Yusuf et Muhammad en font des formes d'origine, d'après la fixation d'Umar : 1 000 dinars d'or, 12 000 dirhams, 200 vaches, 2 000 brebis, 200 vêtements (Abu Dawud 4542, hadith hasan).

Pourquoi la famille paie pour l'erreur

Une femme frappa sa coépouse avec un poteau de tente et la tua ; le Prophète jugea la diya à la charge de sa famille (aqila).Muslim 1682 ; Ibn Majah 2633

Pour l'homicide par erreur, la diya pèse sur la aqila, le groupe de parenté du meurtrier, tandis que l'expiation pèse sur sa fortune. La sagesse donnée par les juristes : les erreurs sont fréquentes et la diya lourde ; la solidarité allège la charge du meurtrier et garantit à la victime un dédommagement possible. Abu Bakr al-Jassas répond à l'objection tirée du verset « nul porteur de fardeau ne portera le fardeau d'autrui » : il ne s'agit pas d'un péché imposé à autrui, mais d'une solidarité d'assistance ordonnée, comme la zakat.

Note pratique

Le système combine deux logiques : une sanction égale au crime quand l'intention est prouvée, une réparation organisée quand elle ne l'est pas. Les dispositions détaillées (foetus, blessures, membres) occupent dans l'encyclopédie des chapitres entiers.

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