Vivre en pays non musulman (dar al-hijra)

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Rester, partir, revenir : les conditions du séjour en Occident selon les savants, les obligations du contrat de résidence et le projet de foi.

Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55

Le fiqh de la résidence a des textes apparemment opposés : un hadith désavoue le musulman « qui demeure parmi les associateurs » (rapporté, Abu Dawud 2645), et le Coran exige la justice même avec les non-belligérants (sourate al-Mumtahana 8). Les savants les ont réconciliés par les conditions.

Les conditions du séjour licite

  • Pouvoir pratiquer sa religion : prière, jeûne, éducation des enfants dans la foi, halal accessible : la condition majeure ; le hadith visait celui qui ne peut plus accomplir sa religion sans dommage.
  • Le contrat de résidence : visa, permis, lois du pays : le résident s'y engage et les honore (sourate al-Isra 34 : « le pacte sera interrogé » ; le Prophète : « le musulman est tenu par ses conditions », at-Tirmidhi 1352) : trafic et fraude documentaire interdits.
  • La justice avec l'hôte : ne pas trahir la cité qui protège : la trahison de confiance (abus d'aides, fraude fiscale, complicité) est interdite ; la coopération honnête est la norme (voir la page travail avec les non-musulmans).
  • La méthode contemporaine : le Conseil européen de la fatwa et de la recherche, institué à Dublin en 1997, a fait du fiqh des minorités musulmanes une méthode : rester ou partir se jugent à la capacité de pratiquer, à l'honnêteté du pacte et à l'utilité de la présence ; sa résolution n° 2/4 (4e session ordinaire, Dublin, 1999) a admis à titre de besoin, pour les musulmans vivant en pays non musulman, le recours au crédit immobilier pour l'achat de la maison de résidence, encadré par des conditions strictes.

Quand partir est conseillé

  • L'incapacité religieuse : si l'environnement impose la renonciation à la pratique ou menace la foi des enfants : l'émigration vers un lieu de liberté devient une obligation ; les juristes contemporains jugent cette hypothèse rare dans les pays qui garantissent la liberté de culte.
  • Le projet de foi : rester avec intention (travailler bien, témoigner par la conduite, servir la société) : la présence musulmane d'Occident est une opportunité de rappel par l'exemple (hadith : « les meilleurs d'entre vous sont ceux qui profitent aux gens », rapporté par at-Tabarani).
  • Le retour ou le va-et-vient : licite et sain : les savants contemporains décrivent la résidence comme un droit et un devoir conjugués, non comme un exil fatal.

Les devoirs du résident

  • Respect des lois et des voisins : le fiqh impose la courtoisie de voisinage (les hadiths du voisin), la probité fiscale, l'abstention de tout abus du système.
  • La transmission de la foi : éduquer les enfants, créer les structures (mosquées, écoles), et préserver l'identité sans enfermement : c'est le projet des générations musulmanes d'Occident.
  • L'engagement citoyen : voter et participer : les juristes du fiqh des minorités l'encouragent comme intérêt commun (maslaha), sans sacraliser aucune plateforme.

Note pratique

La grille de décision de résidence : (1) puis-je pratiquer pleinement ? (2) mes engagements sont-ils honorables ? (3) mon projet sert-il ma foi et les gens ? Trois oui : la résidence est une terre de foi et de service, et elle est valide pleinement.

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