Fiqh islamique > Les successions et la wasiya > Les cas particuliers de la succession
Le disparu, l'enfant mort-né, l'héritier meurtrier, le mécréant et le converti : les situations frontière de la succession et les solutions des écoles.
Sommaire :
Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
Accord des savants : le meurtre volontaire prive de l'héritage : « le meurtrier n'hérite pas », parole du Prophète (paix et salut sur lui). La sagesse : l'héritage suppose la continuité de l'affection, et le meurtrier la rompt ; permettre son héritage ouvrirait la porte aux crimes pour hâter une succession. Le meurtrier involontaire et quasi volontaire : accord des savants qu'il ne prend rien de la diya de sa victime ; la divergence porte sur le reste du patrimoine de celle-ci.
Accord des jurisconsultes : le non-musulman n'hérite pas du musulman, et le musulman n'hérite pas du non-musulman : « le musulman n'hérite pas du mécréant, ni le mécréant du musulman » (al-Bukhari 6383 ; Muslim 1614) ; l'épouse non-musulmane d'un musulman est dans ce cas. Pour le musulman héritier d'un mécréant : deux avis ; la majorité des savants et des Compagnons (Umar, Ali, Zayd, Ibn Masud, Ibn Abbas ; Malik, Abu Hanifa, ash-Shafi'i, Ahmad) l'interdisent, un second avis l'autorise. Celui qui se convertit après le décès de son proche musulman et avant la division : la majorité (Sa'id ibn al-Musayyib, Abu Hanifa, Malik, ash-Shafi'i et la plupart des jurisconsultes) : il n'hérite pas, la succession ayant déjà passé aux héritiers musulmans ; une version d'Ahmad le fait hériter. L'apostat n'hérite pas de son proche musulman (accord des savants). Entre non-musulmans, l'héritage passe entre eux même si leurs religions diffèrent : le hadith « les gens de deux cultes ne se succèdent pas » est expliqué par le couple islam et mécréance (Ibn Taymiyya).
Accord des savants : l'enfant dans le ventre de sa mère hérite et est hérité s'il naît vivant et pousse son premier cri : « Quand l'enfant pousse son premier cri, il hérite » (rapporté d'Abu Hurayra) ; « Quand l'enfant pousse son premier cri, on prie sur lui et il hérite » (rapporté de Jabir). La succession est suspendue : si l'enfant exclut tous les autres (frères, soeurs, oncles et leurs enfants), la totalité attend la naissance ; s'il ne fait que réduire les parts (époux, épouse), les conjoints reçoivent la plus petite des deux parts possibles et le reste attend.
Accord des quatre écoles : la disparition dans une absence dont l'issue apparente est la sécurité (voyage, études, captivité chez qui ne tue pas) ne fait pas présumer la mort : sa part attend. La durée d'attente divise : hanbalites et Ibn Majishun des malikites attendent jusqu'à quatre-vingt-dix ans depuis la naissance ; les autres écoles retiennent des durées différentes.
Le khuntha présente les deux organes, ou un passage unique ; quand le sexe ne se laisse pas trancher, les jurisconsultes examinent par quelle voie il urine : la voie majoritaire fixe son rang, et le classement suit alors les règles des hommes ou des femmes.
Ces cas de bord appellent la prudence : suspendre, attendre, documenter. La succession n'est jamais pressée au détriment d'un droit possible.