Fiqh islamique > Les waqfs et la propriété > Le waqf de famille (waqf dhurri)
Fonder un waqf au profit de ses descendants avant les pauvres : validité, ordre de distribution, sort du bien à l'extinction de la lignée.
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Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
Endosser un bien au profit de ses enfants, de ses enfants puis de leurs enfants, ou de sa descendance, est permis chez la généralité des fuqaha. Ce waqf de famille (dhurri) suit l'exemple des Compagnons, dont les waqfs profitaient d'abord aux leurs avant une oeuvre de bien, selon la parole rapportée à Umar : « Retiens le principe et donne en aumône son produit ».
Si le fondateur cite une seule classe, « j'endosse à mes enfants », l'accord porte sur le droit des enfants vivants au moment du waqf, fût-ce un foetus, garçons et filles égaux quand il ne privilégie personne, car la formulation partagée impose l'égalité. Sur l'enfant né après le waqf : la majorité (hanafites, malikites, shafi'ites, hanbalites dans un avis préféré) lui donne part, à la suite des premiers ; l'école hanbalite l'exclut. Les shafi'ites d'école tiennent le foetus exclu jusqu'à sa naissance.
La formule « à mes enfants » n'inclut pas les petits-enfants chez les hanafites dans l'avis correct, chez les shafi'ites dans l'avis le plus sûr et chez le Qadi et ses compagnons hanbalites : l'enfant du fils ne porte pas le nom d'enfant au sens propre. Malikites, shafi'ites dans l'avis contraire et hanbalites d'école y font entrer les descendants par les fils, non par les filles, sur « Allah vous recommande au sujet de vos enfants : au garçon, une part de deux filles » (sourate an-Nisa, 11) ; une troisième voie inclut tous.
Exclus en général de « mes enfants » et de « mes descendants » : malikites dans l'avis retenu et hanbalites les excluent, l'enfant de la fille se rattachant au lignage de son père ; hanafites dans l'avis correct, une voie malikite et les shafi'ites l'admettent dans « mes enfants et les enfants de mes enfants », le nom englobant alors les deux lignées. Tout le monde l'admet avec une clause claire : « un lot pour les enfants de mes filles », ou un indice comme « puis, quand la terre sera vide de quiconque descend de moi par père ou mère, elle ira aux pauvres ». La restriction « à ma descendance directe » ou « à ceux qui me sont rattachés » les exclut sans désaccord.
Le waqf familial reste un waqf : la part destinée à la famille ne se vend ni ne s'hérite, et le fondateur prépare l'avenir en nommant une oeuvre perpétuelle en fin de chaîne, tel le waqf d'Umar ou la formule « puis aux pauvres ».