Fiqh islamique > Les waqfs et la propriété > La mise en valeur des terres mortes (ihya')
Comment une terre morte devient propriété : l'ihya' (mise en valeur), les biens communs, la réserve protégée, l'iqtâ' et le sort des minerais, avec les divergences des écoles.
Sommaire :
Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
La mawat est la terre sans maître, sans eau ni mise en valeur, qui ne profite que si l'on y conduit l'eau, qu'on y ouvre une source ou qu'on y creuse un puits. Hanafites : toute terre dont on ne profite pas par manque d'eau ou excès d'eau, roche ou marais, et qui n'appartient à personne. Malikites : ce qui a échappé à toute appropriation. Shafi'ites et hanbalites y ajoutent la mesure : ce qui n'est ni habité ni voisin protégé d'un habité. La terre qui retombe en friche après une mise en valeur garde son propriétaire chez la majorité (hanafites dans l'avis correct, Suhnun chez les malikites, shafi'ites, hanbalites), mais malikites dominants, une voix hanafite et une voie shafi'ite la rendent à la terre morte si la déshérence a duré.
La Sunna l'établit par plusieurs hadiths : « Quiconque met en valeur une terre qui n'est à personne, elle lui revient de plein droit » (al-Bukhari 2210, d'après Aisha, et Umar l'appliqua) ; « Quiconque revit une terre morte, elle est à lui, et nul usurpateur n'y a de droit » (Abu Dawud 3073, at-Tirmidhi 1378, an-Nasa'i 5761, d'après Sa'id ibn Zayd) ; « Quiconque revit une terre morte, elle est à lui, et ce qu'elle nourrit de santé est une aumône pour lui » (rapporté par Ahmad, ad-Darimi, at-Tirmidhi). Le consensus est rapporté par Ishaq ibn Rahawayh, al-Juwayni, Ibn Hubayra, Ibn Qudama et Ibn Hazm : la terre morte s'acquiert par la mise en valeur, les écoles ne divergeant que sur les conditions.
Terre proche de l'habitat : hanafites et malikites exigent la permission du gouverneur, car sa mise en valeur peut nuire aux habitants, restreindre leurs passages et leurs pâturages, et Umar écrivit à son agent de la garde : « Replie ton aile devant les gens et crains l'invocation de l'opprimé » (rapporté par Malik dans le Muwatta). Shafi'ites, hanbalites et une part des malikites s'en tiennent au hadith général sans permission, les terres attachées aux intérêts de l'habité (chemins, écoulement d'eau, dépotoirs) restant hors d'appropriation sans désaccord (Ibn Qudama).
Elle varie avec le but et revient à l'usage : maison d'habitation (enceinte et couverte), verger (enceinte et plantation), champ (labour, nivellement et accès à l'eau), puits (jaillissement de l'eau). Hanbalites réclament un mur et un point d'eau, sur « quiconque ceint d'un mur une terre, elle est à lui » (Abu Dawud 3077). Malikites comptent sept actes, dont creuser l'eau, drainer, bâtir, planter, défricher. Si une terre mise en valeur puis abandonnée jusqu'à l'effacement est reprise par un autre : malikites dominants la donnent au second ; hanafites, Suhnun, shafi'ites et hanbalites la rendent au premier propriétaire connu.