La wadî'a : le dépôt de confiance

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La wadî'a (dépôt de confiance) : définition, obligations du dépositaire, règle de la garantie en cas de perte, et le sort du dépôt au décès du dépositaire.

Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55

Une institution légale par tous les fondements

La wadi'a est le dépôt confié à autrui pour garder sans contrepartie. Le Coran ordonne : « Allah vous commande de rendre les dépôts à leurs ayants droit » (sourate an-Nisa, 58), « si l'un de vous se fie à un autre, que le dépositaire rende ce qu'on lui a confié » (sourate al-Baqara, 283). Le Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) a dit : « La main est responsable de ce qu'elle a pris jusqu'à le rendre » (at-Tirmidhi 1266, hadith bon) et « Rends le dépôt à qui t'a confié, et ne trahis pas même celui qui t'a trahi » (Abu Dawud 3534). Lors de l'émigration, Ali resta à La Mecque pour rendre aux gens les dépôts du Messager d'Allah (rapporté par al-Bayhaqi). Le consensus sur la licéité est rapporté par al-Imrani et Ibn Qudama.

Accepter ou refuser le dépôt

Hanafites : l'accepter relève de l'entraide, recommandé, jamais obligatoire. Malikites : son statut suit les circonstances, obligatoire quand le bien se perdrait sans lui et que le dépositaire est capable. Shafi'ites détaille en quatre : recommandé à qui se sait fidèle et capable ; obligatoire s'il est le seul à pouvoir sauver le bien ; blâmé s'il se méfie de lui-même ; interdit s'il se sait incapable, car il ferait courir le bien d'autrui. Hanbalites : recommandé à l'homme de confiance, interdit à l'incapable, sauf à avertir le propriétaire.

Un acte de charité : la rémunération

Les quatre écoles tiennent le dépôt pour un contrat de bienfaisance : la garde se donne gratuitement selon l'usage. La rémunération se discute : majorité (hanafites, malikites, shafi'ites) la valide si elle est convenue, l'usage restant à la gratuité ; hanbalites la tiennent hors du contrat, qui reste bienfaisant, avec une voie l'admettant.

La garantie : une main d'amanat

Le dépositaire ne garantit la perte qu'en cas de dépassement ou de négligence : malikites et shafi'ites n'établissent aucune différence entre dépôt gratuit et payé ; hanafites distinguent : dépôt payé, il garantit tout dommage évitable, comme la montre volée alors qu'elle pouvait être mise à l'abri, non le sinistre général. Ibn Qudama cite Ahmad : dire « je le garantis » ne fait pas du dépositaire un garant, l'origine du dépôt étant l'amanat.

Le déni du dépôt

Accord des quatre écoles : qui nie le dépôt à la demande du propriétaire puis avoue, ou qui est démasqué par preuve, devient garant, sa main ayant quitté l'amanat. Les hanafites y posent sept conditions, dont le déni en présence du propriétaire, après sa demande, avec déplacement du bien, celui-ci mobilier et un danger à craindre. Règle de preuve : « la preuve incombe au demandeur et le serment à celui qui nie » (al-Bukhari 2668, Muslim 1711).

Dans le glossaire islamique : وقف وقفة توقف وقف الذري
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