Fiqh islamique > Les waqfs et la propriété > Le waqf est-il irrévocable ?
Peut-on reprendre un bien consacré au waqf ? La règle de l'irrévocabilité, ses preuves, les nuances des écoles sur la mosquée et sur la phase antérieure à la remise.
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Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
La majorité (Abu Yusuf et Muhammad chez les hanafites, et l'avis retenu chez eux, malikites, shafi'ites, hanbalites) rejette toute révocation une fois le waqf formé : le bien ne se vend plus, ne se donne plus, ne s'hérite plus. La preuve de base est le waqf d'Umar à Khaybar, ordonné par le Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui), suivi de l'unanimité des Compagnons : Abu Bakr, Umar, Uthman, Ali, Talha, az-Zubayr, Aisha, Zayd ibn Thabit, Rafi' ibn Khadij, Khalid ibn al-Walid, Jabir, Ibn Umar, Umm Salama et Hafsa ont tous endossé des biens, sans désaccord rapporté. Jabir affirme même : « Il ne resta pas un Compagnon capable d'endosser un bien sans le consacrer. »
al-Tahawi rapporte d'Umar : « Si je n'avais déjà mentionné mon waqf au Messager d'Allah, je l'aurais repris. » Le mot d'al-Qurtubi tranche : « Révoquer le waqf contredit le consensus et ne mérite aucun examen. » Ibn Hajar relève cependant que la chaîne d'Umar est interrompue et que ses mots se laissent aussi comprendre comme une confirmation que seul l'engagement pris devant le Prophète l'empêchait de revenir.
Abu Hanifa tient le waqf pour non engagé et restant au fondateur, révocable et vendable ; il devient lie dans trois cas seulement : si un juge tranche la contestation ; s'il suspend le waqf à sa mort, ce qui en fait une legs limitée au tiers de sa succession ; s'il fait d'un bien une mosquée qu'il sépare de son patrimoine en ouvrant la prière aux gens. Chez lui, la remise du bien au gérant achève l'engagement ; hors ces cas, le fondateur garde son bien.
Le consensus pratique des Compagnons et la formulation « retiens le principe » fondent l'irrévocabilité retenue par toutes les écoles hors le cas hanafite pur ; le fondateur qui veut garder une maîtrise la prépare par des conditions valides durant sa vie plutôt que par une révocation que la Loi n'ouvre pas.