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Ce que croient les sikhs d'après le Guru Granth Sahib : un Dieu unique (Ik Onkar), le rejet des idoles et des castes, les dix gourous. La proximité réelle avec l'islam et les divergences.
Le sikhisme, né au Pendjab au XVe siècle avec Guru Nanak, enseigne un Dieu unique sans forme (Ik Onkar), le rejet des idoles, des castes et du ritualisme vide, le travail honnête et le partage. C'est doctrinalement la tradition indienne la plus proche du monothéisme islamique, et Nanak comptait des musulmans parmi ses compagnons. Les divergences : la chaîne des gourous clôturée par le texte (Guru Granth Sahib) comme autorité vivante, et la renaissance des âmes que le Coran remplace par une résurrection unique.
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Mis à jour le 07 octobre 2026
📖 3 min de lectureLe sikhisme naît au XVe siècle au Pendjab avec Guru Nanak (1469-1539), dans un monde indien tiraillé entre les rites hindous et les coutumes islamiques. Nanak prêche un Dieu unique, sans forme ni image, créateur et miséricordieux, que la prière vaut mieux que le pèlerinage mécanique, que le travail honnête et le partage de son repas valent tous les rites, et que les castes sont nulles devant Dieu. Neuf gourous lui succèdent ; le dixième, Gobind Singh, clôt la lignée en faisant du texte sacré, le Guru Granth Sahib, le « gourou éternel » de la communauté. Ce texte, hymnes et poèmes, affirme d'entrée l'unité divine (Ik Onkar) et rassemble des voix diverses, dont des compositions d'auteurs musulmans et hindous dévots : un cas presque unique d'ouverture interconfessionnelle dans un texte fondateur (Denis Matringe, spécialiste du sikhisme, souligne cette part d'héritage partagé).
Parmi les traditions nées en Inde, le sikhisme est le plus proche du monothéisme islamique : un Dieu unique sans image, l'interdiction de l'idolâtrie, la nullité des castes, l'importance de la remembrance du nom divin (simran, proche du dhikr), la charité et la table partagée (langar, repas communautaire ouvert à tous, sans distinction de caste ni de religion). Guru Nanak voyagea avec un compagnon musulman, Bhai Mardana, et son message fut prononcé dans un environnement islamique : l'histoire des deux traditions au Pendjab est une histoire de voisinage, de dialogues et aussi d'épreuves communes. L'islam appelle à ce voisinage juste envers tout non-belligérant (Coran 60:8) et interdit la contrainte en religion (Coran 2:256).
Trois divergences demeurent. La première : la révélation. Le sikhisme s'appuie sur l'expérience et l'enseignement des dix gourous, clôturés par le texte vivant ; l'islam repose sur une chaîne prophétique scellée par Mohamed, avec un livre révélé et non composé. La deuxième : la doctrine de Dieu. Waheguru est proche du Dieu unique, mais le tawhid islamique précise ce que le sikhisme ne formule pas : Allah parle, envoie des messagers, juge, et Se distingue de Sa création ; le Coran résume : « Dis : Il est Allah, l'Unique » (Coran 112). La troisième : la renaissance des âmes, héritée du milieu hindou, que le Coran remplace par une seule vie, une seule mort et une résurrection unique, avec un jugement personnel. Sur ces points, le dialogue continue avec la même méthode : présenter le sikhisme tel que ses fidèles le vivent, et exposer la réponse islamique avec ses sources.
Oui : la formule d'ouverture du Guru Granth Sahib (Ik Onkar) affirme une réalité unique sans forme, que le sikhisme nomme Waheguru. C'est ce monothéisme sincère qui rapproche le plus le sikhisme de l'islam parmi les traditions nées en Inde, même si la doctrine de Dieu y diffère de celle du tawhid.
Le turban (dastar) et les cheveux non coupés (kesh) sont l'un des cinq signes externes instaurés par le dixième gourou pour marquer l'identité sikh. Ce sont des marqueurs communautaires et spirituels, sans équivalent religieux islamique.