Biographie de Joundoub ibn Janadah
Chapitre de Joundoub [289]. Joundoub ibn Janadah, kunya Abou Dharr, al-Ghifari (1). On a divergé sur son nom : on a dit comme nous l'avons mentionné ; on a dit : Bourayr (2) ibn Joundoub ; on dit : Bourayr ibn Ichraqa (3) ; et (4) Bourayr (5) ibn Janadah ; on dit : Barr (6) ibn Janadah, ainsi a dit Ibn Ishaq (7) ; on a dit : Bourayr (8) ibn Joundoub (9), également d'après Ibn Ishaq (10) ; on dit : Joundoub ibn Abdoullah ; on dit : Joundoub ibn Sakan.
La version célèbre et confirmée : Joundoub ibn Janadah. On a aussi divergé sur le nom du père de Joundoub : on a dit : Janadah ibn Qays ibn Amr ibn Sou'ayr ibn Haram ibn Ghifar ; on a dit : Joundoub ibn Janadah ibn Sou'ayr ibn Oubayd ibn Haram ibn Ghifar ; on a dit : Joundoub ibn Janadah ibn Soufyan ibn Oubayd ibn Haram ibn Ghifar.
Sa mère était Ramla bint ar-Rafi'a (1), des Banou Ghifar également.
L'islam d'Abou Dharr fut ancien (2) : on dit après trois hommes, on dit après quatre ; on a rapporté de lui (3) qu'il disait : "Je suis le quart (4) de l'islam (5)" ; on a dit : il fut le cinquième.
Puis il retourna chez son peuple après sa conversion et y resta jusqu'à ce que Badr, Ouhoud et le Fossé fussent passés ; puis il vint trouver le Prophète, que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui, à Medine et resta en sa compagnie jusqu'à sa mort. Après la mort d'Abou Bakr, qu'Allah l'agrée, il partit pour la Syrie et y demeura jusqu'à l'avènement d'Othman, qu'Allah l'agrée ; Othman le rappela à cause des plaintes de Mou'awiya à son sujet et le fit résider à ar-Rabadha (6). Il y mourut, et Abdoullah ibn Mas'oud pria sur lui, le rencontrant alors qu'il revenait de Koufa avec un groupe d'hommes vertueux parmi ses compagnons (1) : parmi eux Houjr ibn Adi, Malik ibn al-Harith al-Ashtar et des jeunes gens des Ansar. Son épouse les appela auprès de lui ; ils attestèrent sa mort, lui fermèrent les yeux, le lavèrent et l'enveloppèrent dans les vêtements de l'Ansari (2), dans un récit étonnant et beau, long (3).
Dans un autre récit (4), Ibn Mas'oud, lorsqu'on l'appela auprès de lui et qu'on lui raconta, pleura longuement.
On a dit aussi : Ibn Mas'oud revenait alors de Medine à Koufa ; on l'appela pour la prière sur lui. Ibn Mas'oud demanda : "Qui est-ce ?" On dit : "Abou Dharr." Il pleura longuement et dit : "Mon frère et mon ami intime : il a vécu seul, il est mort seul, et il sera ressuscité seul. Heureux sort pour lui !"
Sa mort eut lieu à ar-Rabadha en l'an trente-deux (5), et Ibn Mas'oud pria sur lui, qu'Allah les agrée tous deux (6).
Ali ibn al-Madini a mentionné, qui dit : il nous a rapporté Yahya ibn Soulaim, qui dit : m'a rapporté Abdoullah ibn Othman ibn Khouthaym (1), de Moujahid, d'Ibrahim ibn al-Ashtar, de son père, de la mère de Dharr, épouse d'Abou Dharr, qui dit : lorsque la mort approcha Abou Dharr, je pleurais. Il me dit : "Pourquoi pleures-tu ?" Je dis : "Comment ne pleurerais-je pas, alors que tu vas mourir [dans un désert de la terre] (2), que je n'ai pas chez moi un vêtement assez grand pour t'envelopper comme linceul, ni pour moi, [et que je n'ai (3) personne (4) pour préparer tes funérailles] ?" Il dit : "Réjouis-toi et ne pleure pas, car j'ai entendu le Messager d'Allah, que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui, dire : "Ne mourra pas, entre deux ou trois musulmans, enfants ou adultes, qui patientent et espèrent la récompense, sans qu'ils ne voient jamais le Feu." Or trois de nos enfants sont morts (5). Et j'ai entendu le Messager d'Allah, que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui, dire devant un groupe auquel j'appartenais : "Un homme d'entre vous mourra certainement dans un désert de la terre, et une troupe de croyants en sera témoin (6)." Et il n'y a personne de ce groupe qui ne soit mort dans un village et en communauté : je suis donc cet homme. Par Allah, je n'ai pas menti ni été démenti : regarde donc (7) la route." Je dis : "Comment, alors que les pèlerins sont partis et que la route est coupée ? !" Il dit : "Va et tu verras." Elle dit :
Je me dressais (1) sur la dune, je regardais, puis je revenais auprès de lui pour le soigner. Tandis que nous en étions là, voici que j'aperçus des hommes sur leurs montures, semblables au rakhama (4), que leurs montures précipitaient (5). Ils accoururent vers moi jusqu'à s'arrêter auprès de moi. Ils dirent : "Ô servante d'Allah, qu'as-tu ?" Je dis : "Un homme des musulmans est en train de mourir ; voulez-vous l'envelopper (6) ?" Ils dirent : "Qui est-il ?" Je dis : "Abou Dharr." Ils dirent : "Le Compagnon du Messager d'Allah, que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui ?" Je dis : "Oui." Elle dit : ils le rachetèrent par leurs pères et leurs mères et se hâtèrent vers lui jusqu'à entrer auprès de lui. Il leur dit : "Réjouissez-vous, car j'ai entendu le Messager d'Allah, que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui, dire devant un groupe auquel j'appartenais : "Un homme d'entre vous mourra certainement dans un désert de la terre, et une troupe de croyants en sera témoin." Et il n'y a personne de ce groupe qui ne soit mort dans un village et (7) en communauté. Par Allah, je n'ai pas menti, [ni été démenti] (8). Et s'il y avait chez moi un vêtement assez grand pour m'envelopper, ou (1) pour ma femme, je ne serais pas enveloppé sinon dans un vêtement qui est à moi ou à elle. Je vous prends à témoin devant Allah : qu' (2) un homme parmi vous m'enveloppe (3), fût-il émir, 'arif, courrier ou naqib ; et il n'y a personne de ce groupe qui n'ait rencontré (4) une partie (5) de ce qui a été dit, excepté un jeune homme des Ansar." Il dit : "C'est moi qui t'envelopperai, ô mon oncle, dans ce manteau, avec les deux vêtements dans mon sac, filés par ma mère." Il dit : "C'est toi qui m'envelopperas (6) ?" L'Ansari l'enveloppa donc, le lava avec le groupe qui était présent ; ils prièrent sur lui et l'enterrèrent, dans un groupe tous yéménites (7).
Ont transmis de lui un groupe de Compagnons, qu'Allah les agrée. Il fut parmi les vaisseaux du savoir, les plus distingués par l'ascèse, la piété et la parole de vérité. On interrogea Ali, qu'Allah l'agrée, au sujet d'Abou Dharr ; il dit : "C'est un homme qui a saisi une science que les gens n'ont pu saisir, puis s'y est adossé sans en faire sortir quoi que ce soit (1)."
On a rapporté du Prophète, que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui, qu'il a dit : "Abou Dharr, dans ma communauté, ressemble à 'Issa ibn Maryam par son ascèse" (2). Certains le rapportent ainsi : "Quiconque souhaite contempler l'humilité de 'Issa ibn Maryam, qu'il contemple Abou Dharr."
Du hadith de Warqa' et d'autres, d'Abou az-Zinad, d'al-A'raj, d'Abou Hourayra, qui dit : le Messager d'Allah, que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui, a dit : "Ni la terre verdoyante n'a couvert, ni la terre poussiéreuse n'a porté, d'homme à langue véridique, plus véridique qu'Abou Dharr. [Et quiconque souhaite contempler l'humilité de 'Issa ibn Maryam, qu'il contemple Abou Dharr (3)."
[On a rapporté de lui, que la paix soit sur lui, du hadith d'Abou ad-Darda' et d'autres, qu'il a dit : "Ni la terre verdoyante n'a couvert, ni la terre poussiéreuse n'a porté, d'homme à langue véridique, plus véridique qu'Abou Dharr" (1).]
Nous avons mentionné l'isnad du hadith d'Abou ad-Darda' au chapitre de son nom parmi les kunyas (2).
Ibrahim at-Taymi (3) a rapporté, de son père, d'Abou Dharr, qui dit : ma nourriture du temps du Messager d'Allah, que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui, était un sa' de dattes, et je n'en ai pas dépassé la mesure jusqu'à [rencontrer Allah] (4), que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui (5).
Au chapitre de ses kunyas se trouve de son récit ce que nous n'avons pas mentionné ici (6).
Al-A'mach a rapporté, de Chimr (7) ibn 'Atiyya, de Chahr ibn Hawchab, d'Abd ar-Rahman ibn Ghanm, qui dit : j'étais auprès d'Abou ad-Darda' lorsqu'un homme de Medine (8) entra et l'interrogea. Il dit : "Où as-tu laissé Abou Dharr ?" Il dit : "À ar-Rabadha." Il dit :