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Ce que croient les hindous d'après leurs textes (Védas, Upanishads, Bhagavad-Gîtâ), l'avis classique du fiqh sur les majus, et les divergences réelles : divinité, âme et renaissance.
L'hindouisme, première religion de l'Inde, enseigne un Absolu ultime (Brahman), des divinités personnelles multiples, le dharma (devoir), le karma et la renaissance des âmes vers la libération (moksha). L'islam n'y reconnaît pas de révélation nommée : le fiqh classique a assimilé ses fidèles aux majus pour les règles d'interaction. Les divergences majeures portent sur l'adoration due à Allah seul, sur la nature de l'âme et sur la renaissance, que le Coran remplace par une résurrection unique (Coran 23:15-16).
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Mis à jour le 07 octobre 2026
📖 3 min de lectureL'hindouisme n'a ni fondateur, ni Église, ni dogme unique : c'est une famille de traditions millénaires autour des Védas, des Upanishads et d'œuvres comme la Bhagavad-Gîtâ, dialogue spirituel au cœur de la grande épopée du Mahabharata. Ses enseignements centraux : Brahman, la réalité ultime ; l'atman, le soi profond de chaque être ; le dharma, l'ordre du devoir propre à chacun ; le karma, la loi des actes et de leurs conséquences ; le samsara, le cycle des renaissances ; et le moksha, la libération finale de ce cycle. Les hindous honorent des divinités personnelles (Vishnou et ses avatars comme Krishna, Shiva, la déesse Devi), que les écoles philosophiques présentent comme des manifestations ou des voies d'accès à l'Absolu unique.
Le Coran ne mentionne pas l'Inde, mais il inclut les « majus » (les mages, entendus comme les zoroastriens persans) parmi les groupes qu'Allah jugera au Jour de la résurrection (Coran 22:17). À l'arrivée de l'islam en Inde, les savants ont étendu aux hindous le régime des majus, faute de révélation clairement identifiable : des droits et des devoirs d'interaction propres, sans le statut complet des gens du Livre. Ce rapport classique combine deux éléments : une divergence doctrinale ferme sur l'adoration, et une conduite de justice envers des voisins non belligérants : « Allah ne vous interdit pas d'être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion » (Coran 60:8), et nulle contrainte en religion (Coran 2:256).
Trois points séparent réellement les deux religions. Le premier : l'adoration. Pour l'islam, tout culte adressé à une divinité ou à une image, et toute interprétation qui fait de l'homme ou de la nature une part de Dieu, relève de l'association (shirk), le seul péché que le Coran ne pardonne pas à celui qui meurt sans s'en repentir. Même l'Advaita, qui réduit tout à un Brahman impersonnel, diverge de fond : Allah est un Créateur personnel, distinct de Sa création, qui parle, aime et juge. Le deuxième : le sort de l'âme. La renaissance des âmes au fil des vies, au gré du karma, contredit le Coran, qui enseigne une seule vie, une seule mort, puis une résurrection unique : « Puis ensuite, vous mourrez. Puis, au Jour de la résurrection, vous serez ressuscités » (Coran 23:15-16). Le troisième : la révélation. L'hindouisme ignore la notion de prophétie scellée ; l'islam enseigne une chaîne de messagers aboutissant à Mohamed, envoyé à toute l'humanité.
Les échanges entre musulmans et hindous ont façonné des siècles d'histoire commune : civilisations, savoirs, mystique (le soufisme indien et la bhakti hindoue se sont parlé). Ce qui se partage au quotidien : la justice, la charité, la dignité de la pratique spirituelle, le respect des ascètes et des hommes de dévotion. Ce qui se discute : la vérité sur Dieu, l'âme et l'au-delà, avec la règle de ce dossier : présenter la croyance de l'autre telle qu'il la vit, exposer la réponse islamique avec ses preuves, et laisser à Allah le verdict des cœurs.
Les pratiques populaires rendent un culte à de nombreuses divinités (Vishnou, Shiva, Devi...), mais les écoles philosophiques hindoues les présentent comme des voies vers un Absolu unique, Brahman. Pour l'islam, le problème demeure : toute adoration adressée à autre que le Créateur unique est une association (shirk), quelle que soit son interprétation.
Le Coran ne les nomme pas (l'Inde était hors de son horizon direct). Il mentionne en revanche les majus (les mages zoroastriens) parmi les groupes jugés au Jour de la résurrection (Coran 22:17), et le fiqh classique a appliqué aux hindous le même régime d'interaction.