Fiqh islamique > La zakat > La zakat des biens commerciaux
Le stock destiné à la vente : nisab, évaluation, hawl, et les divergences d'écoles sur la période et la forme de paiement.
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Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
La zakat des marchandises destinées à la vente est obligatoire par le Coran : « Prends de leurs biens une aumône » (sourate at-Tawba, 103), « Ô croyants, dépensez des meilleures choses que vous avez gagnées » (sourate al-Baqara, 267), verset que al-Hasan et Mujahid lisaient sur le commerce licite, et que al-Bukhari fit titre de chapitre dans son Sahih. La Sunna en témoigne par Samura ibn Jundub : « Le Messager d'Allah nous ordonnait de sortir l'aumône de ce que nous préparions à la vente » (Abu Dawud 1562, ad-Daraqutni, al-Bayhaqi ; isnad bon selon Ibn Abd al-Barr), et par l'histoire de Khalid ibn al-Walid, accusé d'avoir retenu la zakat de ses armures et chevaux préparés pour le commerce, que le Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) disculpa car il les avait voués à Allah : s'ils n'étaient pas zakatables, la requête n'aurait pas eu de sens (al-Bukhari 1399, Muslim 983). Le consensus est rapporté par Ibn al-Mundhir, Abu Ubayd, Ibn al-Qattan et Ibn Taymiyya : « Les quatre imams et toute la communauté, sauf le déviant, s'accordent sur son obligation dans les marchandises de commerce ».
Les fuqaha s'accordent que la zakat de la marchandise exige l'intention de vendre pour gagner, formée lors de l'acquisition. Acheter un vêtement, un meuble ou un véhicule pour l'usage n'est pas du commerce : la chose reste bien d'usage, hors zakat, tant que l'intention ne change pas, le changement se faisant alors par la seule intention selon la majorité, ou par intention et acte selon les hanafites, qui exigent un achat pour transférer le bien d'usage vers le commerce. Celui qui hérite d'une marchandise reste sur le régime de l'usage tant qu'il n'a pas acheté pour vendre, d'après al-Baji. Celui qui achète pour louer, en espérant vendre si le profit vient, doit la zakat selon l'avis prépondérant des malikites ; le hanafite qui achète une monture pour la revendre puis la monte en attendant l'acheteur ne la sort pas du commerce.
Le seuil des marchandises se calcule en valeur : la marchandise est estimée en or ou en argent au jour de l'année, sans qu'il soit nécessaire de posséder le métal lui-même. Hanbalites et Abu Hanifa estiment selon l'évaluation la plus avantageuse aux pauvres, or ou argent ; une narration d'Abu Hanifa laisse le propriétaire choisir. Les shafi'ites tiennent l'avis fiable de l'estimation en fin d'année ; les hanbalites ne distinguent pas les marchandises du reste des biens sur l'exigence du seuil durant toute l'année.
L'original chez les fuqaha est de sortir le quart de la dîme de la valeur en monnaie, ce qui vaut par accord. Sortir de la marchandise elle-même divise : malikites, shafi'ites dominants et hanbalites refusent, car le seuil se compte en valeur, la zakat montant et descendant avec la valeur et non avec la quantité ; Abu Hanifa et al-Shafi'i ancien donnent le choix au propriétaire entre la nature et la valeur. Ibn Taymiyya précise que donner au pauvre des marchandises dont il a besoin vaut, mais l'auto-évaluation du commerçant risque de léser le pauvre ; mieux vaut la monnaie, ou la vente puis la remise du prix.
Celui qui immobilise sa marchandise pour attendre le prix haut : la majorité (Abu Hanifa, al-Shafi'i, Ahmad) ne le distingue pas des autres et impose la zakat chaque année, sur « nulle zakat sur un bien avant que l'année ne s'écoule sur lui ». Les malikites la suspendent et la réclament au moment de la vente, pour une année seule, à l'instar de leur règle du bien non tourné.