Fiqh islamique > Le jeûne > La fidya : nourrir un pauvre au lieu de jeûner
Quand jeûner devient impossible ou dangereux : qui paie la fidya, combien, et les cas du vieillard, du malade chronique et de la femme discutée.
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Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
Les fuqaha s'accordent : le vieillard et la vieille parvenus à l'incapacité de jeûner peuvent rompre, et entrent dans ce cas le malade dont la guérison n'est pas espérée. Ibn al-Mundhir rapporte leur accord, al-Bahuti le dit établi par consensus : le jeûne n'est pas exigé de l'incapable, et an-Nawawi écrit : « Le vieillard que le jeûne accable d'une peine dure, et le malade sans guérison espérée : aucun jeûne sur eux, sans divergence ». Le fondement : « Allah ne charge une âme que selon sa capacité » (al-Baqara 286), « Il ne vous a pas imposé de gêne dans la religion » (al-Hajj 78), et le verset de la fidya : « Et pour ceux qui le supportent à peine, une compensation : nourrir un pauvre » (al-Baqara 184). Ibn Abbas, entendant ce verset, dit : « Il n'est pas abrogé : c'est le vieillard et la vieille qui ne peuvent jeûner ; ils nourrissent un pauvre pour chaque jour » (rapporté par al-Bukhari 4235).
La majorité (hanafites, shafi'ites dans le madhhab, hanbalites) impose à l'incapable permanent la fidya : un mud de nourriture pour chaque jour manqué. Anas rapporte : « Sa force l'a quitté pour le jeûne une année avant sa mort : il rompit et nourrissait un pauvre pour chaque jour » (rapporté d'Anas). Al-Kasani explique : quand le jeûne échappe, le besoin d'une réparation se manifeste et ne peut se faire par le jeûne : la fidya le remplace à titre de nécessité, comme la valeur remplace l'objet détruit. La parole d'Ibn Abbas, qui parle de nourrir un pauvre, fonde aussi la lecture qui consiste à nourrir un pauvre par jour.
Les malikites et une opinion shafi'ite n'imposent rien : il est dispensé par excuse, comme le malade et le contraint ; l'excuse ne cessant jamais, aucun rattrapage ni nourriture. Les hanafites exigent en outre que l'incapacité du vieillard soit permanente : s'il ne peut jeûner à la grande chaleur, il rompt et rattrape en hiver.
Celui que la faim et la soif accablent au point de craindre la ruine rompt et rattrape, même sain et résident : an-Nawawi s'appuie sur « ne vous tuez pas vous-mêmes » (an-Nisa 29) et « ne vous jetez pas dans la ruine » (al-Baqara 195). Les malikites vont plus loin : craindre pour sa personne interdit le jeûne. Les hanafites posent deux limites : une crainte forte, pas une simple imagination, et une épreuve non provoquée par le jeûneur lui-même. Les métiers éprouvants (moissonneurs, ouvriers du bâtiment, gardiens) jeûnent avec l'intention de nuit, puis rompent si la peine les rejoint ; la règle vaut pour un épuisement réel, pas pour une simple migraine ou une douleur de dent.
La fidya du jeûne est la voie de celui qui ne peut plus ni jeûner ni rattraper : un mud de nourriture (l'équivalent d'un repas complet) par jour manqué, donné à un pauvre. Celui dont l'incapacité peut passer rattrape dès qu'elle cesse.