Manger ou boire par oubli : le jeûne reste valide

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Celui qui mange ou boit par oubli ne rompt pas son jeûne selon la majorité des écoles ; la position malikite diverge. Le hadith et ses preuves.

Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55

Manger ou boire par oubli

La majorité (hanafites, shafi'ites, hanbalites) juge que manger ou boire par oubli ne rompt pas le jeûne et n'impose pas de rattrapage :

Celui qui oublie alors qu'il jeûne et mange ou boit, qu'il achève son jeûne, car c'est Allah qui l'a nourri et abreuvé.al-Bukhari 1933, Muslim 809
Celui qui mange ou boit par oubli ne rompt pas son jeûne : c'est une subsistance qu'Allah lui a accordée.at-Tirmidhi 721, ad-Daruqutni, hadith sahih

Il est aussi rapporté : « Celui qui rompt en Ramadan par oubli n'a ni rattrapage ni expiation » (Ibn Khuzayma dans son Sahih, Ibn Hibban, hadith hassan). L'argument : le jeûne est une adoration à laquelle se mêlent le licite et l'illicite, et ses interdits tombent aussi bien par erreur que par volontaire, comme dans la prière et le hajj.

Les malikites jugent au contraire que le jeûne est rompu et le rattrapage obligatoire : ils appliquent la lettre de « mangez et buvez jusqu'à ce que se distingue pour vous le fil blanc du fil noir de l'aube... puis achève le jeûne jusqu'à la nuit » (al-Baqara 187), qui n'a pas été achevée. Malik a dit : celui qui mange ou boit par oubli dans un jeûne surérogatoire ne rattrape rien et achève son jour volontaire. Ibn al-Arabi rapporte que tous les fuqaha des villes se sont tenus au sens apparent du hadith « c'est Allah qui l'a nourri et abreuvé » et que seul Malik a abordé la question par un autre côté ; ad-Daruqutni a aussi rapporté la version « pas de rattrapage sur toi ».

Le rapport par oubli

Les hanafites et les shafi'ites jugent que le rapport commis par oubli ne rompt pas le jeûne, sans rattrapage ni expiation : le hadith de l'oubli nomme manger et boire, et ils mesurent sur eux tout ce qui rompt. Les malikites et Ahmad (dans une version) le jugent rompu avec rattrapage, sans expiation, sur la parole : « l'erreur et l'oubli sont levés de ma communauté », l'expiation suivant le péché qui disparaît avec l'oubli. Le sens apparent du madhhab hanbalite, Malik dans une autre version et Ibn al-Majishun des malikites exigent rattrapage et expiation : le Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) a ordonné l'expiation à l'homme sans lui demander si le rapport était volontaire.

Le résidu entre les dents

Ibn al-Mundhir rapporte l'accord des savants : rien contre le jeûneur pour ce qu'il avale de ce qui passe avec la salive entre ses dents et qu'il ne peut recracher. S'il peut le recracher et l'avale volontairement : Abu Hanifa ne casse pas le jeûne, les autres savants le cassent.

Note pratique

L'oubli n'enlève pas la récompense du jour : la majorité enseigne de continuer le jeûne sereinement dès que le rappel vient. Pour le cas du rapport oublié, les avis divergent : la prudence commande de rattraper le jour dans toutes les écoles.

Dans le glossaire islamique : خصام صامتة إمساك في الصيام صام
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