Fiqh islamique > Le jugement et le témoignage > L'iqrar (la reconnaissance)
L'iqrar est une preuve juridique : ses piliers, ses conditions, sa permanence, et les cas de rétractation.
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Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
L'iqrar (la reconnaissance) est l'information par laquelle une personne annonce qu'un droit établi pèse sur elle. Hanafites : informer de l'existence d'un droit d'autrui sur soi. Malikites : l'aveu de ce qui crée un droit sur celui qui parle selon sa condition. Shaféites : une information précise selon laquelle un droit antérieur incombe à l'informateur. Hanbalites : l'affirmation d'une personne responsable et libre d'un droit pesant sur elle, par parole, écrit ou geste du muet, ou la reconnaissance de ce que fait son mandataire. L'iqrar n'est pas un acte créateur : il constate un droit antérieur. Sa légalité vient du Livre, de la Sunna, du consensus et du raisonnement : Allah a pris l'engagement des prophètes par la parole « Avez-vous reconnu et accepté mon engagement ? Ils dirent : nous reconnaissons » (sourate Ali Imran 81), et Il ordonne l'équité « fût-ce contre vous-mêmes » (sourate an-Nisa 135) : nul ne témoigne contre soi sinon par l'iqrar.
Pas de divergence entre les jurisconsultes : le juge doit juger selon l'iqrar clair. Ibn Rushd écrit : quand l'iqrar est clair, nul désaccord sur l'obligation de juger par lui. L'iqrar n'exige pas d'être prononcé devant le juge ; seul Ibn Abi Layla l'exigeait, assimilant l'aveu à un témoignage. Les droits avoués se divisent : le droit d'autrui, ou le droit d'Allah non annulé par le doute (zakat, expiations) : l'aveu lie sans retour, sauf si le bénéficiaire le dément ; et le droit d'Allah annulé par le doute (relation illicite, vol, vin) : celui qui l'a voilé n'a pas à l'avouer, il est plutôt recommandé de le couvrir (rapporté par Tirmidhi 1424).
Deux cas. En faveur d'un étranger : valide par consensus, même pour la totalité du bien, car l'avoué n'y est pas suspect ; Ibn al-Mundhir rapporte l'accord de tous les savants retenus pour l'aveu de dette au profit d'un non-héritier pendant la maladie. Malikites : il est refusé si le bénéficiaire est un ami intime, indice d'une volonté d'avantager les héritiers. En faveur d'un héritier : le cas se divise : traité comme legs dans la limite du tiers ou soumis à la ratification des héritiers ; des procédés licites permettent de l'aboutir : passer par un tiers de confiance qui paie la dette, un achat suivi d'un paiement devant témoins, ou un dépôt confié. L'aveu du mahr à l'épouse, à hauteur du sien ou moindre, est valide chez tous, sauf ash-Sha'bi qui le rattache à l'aveu fait à une héritière (Ibn Qudama, Al-Mughni).
L'iqrar en faveur d'un embryon dans le ventre d'une bête, rapporté à un héritage ou à un legs : valide d'après les quatre écoles, car la parole dite est possible et l'adversaire est le propriétaire de la bête ; sans attribution, la divergence apparaît. L'iqrar pour une mosquée, un cimetière, une route ou une œuvre pieuse est valide même sans cause indiquée ; pour une maison, il exige la cause : spoliation ou location.
L'iqrar engage lourdement : avant d'avouer une dette, vérifier le montant et l'identité du créancier. Toute contrainte, ivresse ou maladie mortelle au profit d'un héritier change la règle et appelle un conseil compétent.