Le juge (qadi) : qualification, rémunération et indépendance

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Qui peut juger ? Les conditions canoniques du juge, sa rémunération, ses interdits et sa responsabilité en cas d'erreur.

Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55

Les conditions canoniques du juge

  • La majorité : accord des savants : « Cherchez refuge auprès d'Allah contre la tête des soixante-dix ans et le commandement des enfants » (rapporté par Abu Hurayra) ; l'enfant est gouverné, il ne gouverne pas.
  • La liberté : accord des quatre écoles ; l'esclave, incomplet dans la gouvernance de lui-même, ne gouverne pas autrui.
  • La masculinité : la majorité en fait une condition ; Abu Hanifa autorise la femme pour les affaires d'argent ; at-Tabari sans restriction ; hanafites : partout sauf peines et talion.
  • L'équité : exigée par la majorité des jurisconsultes (malikites, shaféites, hanbalites) ; si le juge nommé est pervers, l'exécution de son jugement reste discutée quand il ne dépasse pas les limites de la Loi.
  • La connaissance : hanafites ne l'exigent pas mais la préfèrent ; le juge sans ijtihad juge selon la fatwa d'un autre savant. Ibn Abidin tranche pour la pratique : le jugement de tout juge nommé par un pouvoir établi s'exécute, même s'il est ignorant ou pervers, pour ne pas paralyser les intérêts des gens.
  • L'intégrité des sens : voyant, entendant, parlant, accord des savants ; le Qadi Iyad écrit que l'audition et la parole n'ont jamais fait l'objet de divergence.

Rémunération et corruption

Texte de la plupart des savants : le juge dans le besoin prend une allocation du trésor public des musulmans ; hors besoin, la divergence existe, mais l'accord se porte sur ceci : l'honoraire pris sur les parties n'est pas permis. Umar dit : « Il ne convient pas au juge des musulmans de prendre un honoraire pour son jugement » (rapporté dans Al-Mughni) ; s'il n'a aucune allocation, il peut demander aux deux parties de lui fournir un revenu, avec divergence sur la validité. Qui achète le poste par une somme ne devient pas juge et son jugement ne s'exécute pas : as-Suyuti écrit que celui qui obtient le poste par corruption ne devient pas juge par consensus.

Juger en colère

Accord des savants : le juge ne juge pas en colère, il attend le retour du calme pour préserver le jugement de l'erreur.

« Que nul juge ne juge entre deux personnes en colère. »al-Bukhari 3739 ; Muslim 1717

Nommer le moins qualifié

Le principe : nommer le plus apte. Si nul mujtahid absolu n'existe : la nomination du moins qualifié est valide chez la majorité (malikites, shaféites, hanbalites, et le sens retenu chez hanafites), car la surérogation de mérite n'entre pas dans les conditions d'éligibilité ; les compagnons fondaient des mosquées à côté de celles des plus éminents sans que nul ne le récusât. Si un mujtahid absolu existe : malikites nombreux invalident la nomination d'un imitateur ; la position retenue du madhhab la valide.

Juger par autre que la révélation

Pas de divergence entre les jurisconsultes sur l'interdiction de juger par autre que ce qu'Allah a fait descendre ; le Coran qualifie celui qui le fait d'impie, d'injuste ou de mécréant selon les cas (sourate al-Ma'ida 44-47).

Note pratique

La liste des conditions ramène le juge à une exigence simple : être en mesure de dire le droit. Rémunération publique, refus des cadeaux des parties, calme intérieur : trois garde-fous qui restent la norme de tout arbitre aujourd'hui.

Dans le glossaire islamique : فساد عند الحكماء محكم قضاء قضاء لغة
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