Fiqh islamique > Le jugement et le témoignage > Le juge (qadi) : qualification, rémunération et indépendance
Qui peut juger ? Les conditions canoniques du juge, sa rémunération, ses interdits et sa responsabilité en cas d'erreur.
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Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
Texte de la plupart des savants : le juge dans le besoin prend une allocation du trésor public des musulmans ; hors besoin, la divergence existe, mais l'accord se porte sur ceci : l'honoraire pris sur les parties n'est pas permis. Umar dit : « Il ne convient pas au juge des musulmans de prendre un honoraire pour son jugement » (rapporté dans Al-Mughni) ; s'il n'a aucune allocation, il peut demander aux deux parties de lui fournir un revenu, avec divergence sur la validité. Qui achète le poste par une somme ne devient pas juge et son jugement ne s'exécute pas : as-Suyuti écrit que celui qui obtient le poste par corruption ne devient pas juge par consensus.
Accord des savants : le juge ne juge pas en colère, il attend le retour du calme pour préserver le jugement de l'erreur.
« Que nul juge ne juge entre deux personnes en colère. »al-Bukhari 3739 ; Muslim 1717
Le principe : nommer le plus apte. Si nul mujtahid absolu n'existe : la nomination du moins qualifié est valide chez la majorité (malikites, shaféites, hanbalites, et le sens retenu chez hanafites), car la surérogation de mérite n'entre pas dans les conditions d'éligibilité ; les compagnons fondaient des mosquées à côté de celles des plus éminents sans que nul ne le récusât. Si un mujtahid absolu existe : malikites nombreux invalident la nomination d'un imitateur ; la position retenue du madhhab la valide.
Pas de divergence entre les jurisconsultes sur l'interdiction de juger par autre que ce qu'Allah a fait descendre ; le Coran qualifie celui qui le fait d'impie, d'injuste ou de mécréant selon les cas (sourate al-Ma'ida 44-47).
La liste des conditions ramène le juge à une exigence simple : être en mesure de dire le droit. Rémunération publique, refus des cadeaux des parties, calme intérieur : trois garde-fous qui restent la norme de tout arbitre aujourd'hui.