Fiqh islamique > Le mariage et la famille > La grossesse et l'interruption de grossesse
La vie en gestation : le statut de l'embryon selon les étapes, ce que les juristes autorisent en cas de danger, et la patience autour de la perte.
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Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
L'Académie du fiqh de l'OCI a posé le principe : « l'embryon a une vie à protéger et une inviolabilité à sauvegarder : ni ses parents ni autrui ne peuvent lui porter atteinte » (résolution de l'Académie sur l'avortement). Sa résolution 181 (17/9) complète : l'embryon est un humain à sauvegarder, pas d'avortement pour aucune raison, sauf nécessité extrême au profit de la mère. Les écoles distinguent avant et après l'insufflation de l'esprit (120 jours) : avant, l'interruption n'est admise que pour une excuse légitime établie par un médecin juste ; après, seulement pour sauver la vie de la mère.
C'est aussi la doctrine de Dar al-Ifta al-Misriyya : avant 120 jours, la nécessité médicale documentée ; après 120 jours, seulement si la poursuite de la grossesse menace la vie de la mère (fatwas 17369 et 18140). Al-Azhar (centre mondial) pose l'interdiction de base dès la nutfah fixée dans l'utérus.
L'épreuve expie : « nulle fatigue, nulle maladie, nul souci qui touche un musulman sans qu'Allah n'efface par là une part de ses fautes » (al-Bukhari 6594). L'enfant né sans vie : le deuil est honoré, les rites accomplis selon les écoles, et la parole du Quran tient lieu de consolation : « annonce la bonne nouvelle aux endurants » (sourate al-Baqara 155-157).
Sa vie prime : la règle de la nécessité lève l'interdit, principe unanime des juristes, appliqué par l'Académie dans sa clause « sauf nécessité extrême » (résolution 181 (17/9)). « Ne vous tuez pas » (sourate an-Nisa 29) fonde la priorité donnée à la mère en danger. La contraception pour espacer : voir sa page ; la stérilité et la PMA : voir leur page. Le mari l'accompagne aux soins : c'est la bienfaisance ordonnée.
En cas de complication grave : le binôme médecin-savant décide en urgence ; la vie de la mère prime toujours dans les écoles. La règle morale du chapitre : chaque grossesse est une confiance, chaque perte un deuil honoré, chaque décision médicale un cas posé devant les deux sciences.