Fiqh islamique > Le mariage et la famille > Les piliers et les conditions du nikah
Les piliers du mariage selon les écoles : la formule, le wali (tuteur), la femme et son conjoint, les témoins, et les conditions de validité.
Sommaire :
Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
Le nikah s'exprime par une proposition et une acceptation. La formule au passé est la plus sûre : le tuteur dit « je te marie ma fille », l'époux répond « j'accepte ». La majorité des fuqaha (hanafites et malikites) accepte aussi le présent et l'impératif ; le nikkah ne se conclut jamais par un simple geste : les quatre écoles s'accordent à l'interdire, par respect pour la place des femmes. Chez les chaféites, l'acceptation doit suivre la proposition sans interruption marquée ; les hanafites exigent une seule session quand les deux parties sont présentes.
La majorité des fuqaha, malikites, chaféites et hanbalites, exige un tuteur : la femme ne contracte pas son mariage elle-même, qu'elle soit vierge ou déjà mariée. Le Coran blâme le frère de Maq'il ibn Yasar qui refusait de rendre sa soeur à son époux (al-Baqara 232). Abu Hanifa, à l'inverse, permet à la femme libre et majeure de conduire son contrat. Le tuteur doit être libre et musulman ; un non-musulman ne peut tutorer une femme musulmane, par consensus. Le discernement et la probité ne sont pas requis chez la majorité, et l'homme en état d'ihram ne conclut pas de contrat.
Pas de mariage sans tuteur et deux témoins probes ; tout mariage conclu autrement est nul. S'ils se disputent, l'autorité est le tuteur de celui qui n'a pas de tuteur.Ibn Hibban 4075 ; ad-Daraqutni 3533 ; al-Bayhaqi 13496
La majorité des fuqaha (hanafites, chaféites, hanbalites) retient ces textes authentiques : deux témoins sont exigés, afin que le mariage soit public et à l'abri du déni. Imran ibn Husayn rapporte aussi : « Pas de mariage sans tuteur et deux témoins probes » (Abd ar-Razzaq 10473 ; at-Tabarani).
Les malikites ajoutent une règle propre : l'homme ou la femme atteint d'une maladie grave ne conclut pas de mariage, car un héritier pourrait naître ou décéder après l'accord, ce qui blesserait les droits des héritiers.
En résumé : un tuteur, deux témoins, une formule claire, des époux sans empêchement. Ces conditions viennent des manuels des quatre écoles ; pour une situation précise, s'en remettre à un savant compétent.
L'offre et l'acceptation, le wali (tuteur) et les deux témoins ; le mahr est un droit de la femme, pas une condition de validité : sans mention, c'est le mahr al-mithl qui est dû.
Valide devant Allah mais déconseillé : le Prophète ordonnait de publier le mariage (tambours, walima) pour éviter les soupçons (at-Tirmidhi 1089).
Non : la khitba est une promesse, pas un contrat ; chaque partie peut rompre avant le nikah, avec courtoisie (voir la page khitba).