Fiqh islamique > Le mariage et la famille > La lian (l'imprécation réciproque)
La lian : l'imprécation réciproque du mari accusant sa femme d'adultère sans quatre témoins, ses conditions, sa procédure et ses effets.
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Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
Un mari voit sa femme avec un homme, mais aucun témoin ne peut confirmer le soupçon : la Loi lui ouvre la voie du lian, le serment d'imprécation, pour éviter à la fois le faux témoignage et le châtiment dû au calomniateur. Les malikites le définissent comme le serment du mari responsable d'avoir vu l'adultère, ou de désavouer la grossesse, suivi du serment de la femme à le démentir, quatre fois et une cinquième de chaque côté ; les chaféites, comme des paroles fixées par la Loi pour celui qui ne peut produire de preuve contre celui qui souille son lit ou pour désavouer un enfant.
Le Livre le pose : « Et ceux qui lancent des accusations contre leurs épouses, sans avoir d'autres témoins qu'eux-mêmes : le témoignage de l'un d'eux est quatre témoignages par Allah qu'il est du nombre des véridiques, et la cinquième, que la malédiction d'Allah soit sur lui s'il est du nombre des menteurs ; et elle échappe au châtiment en attestant quatre fois par Allah qu'il est du nombre des menteurs, et la cinquième, que la colère d'Allah soit sur elle s'il est du nombre des véridiques » (an-Nur 6-9). La Sunna l'applique : Hilal ibn Umayya accusa sa femme devant le Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui), qui lui répéta : « la preuve, ou le châtiment sur ton dos » ; il répondit que le châtiment tomberait peut-être sur un innocent, et le verset du lian descendit.
Les écoles fixent des conditions : un mariage valide, deux époux responsables et discernants, musulmans, tous deux probes et ni l'un ni l'autre déjà frappé d'imprécation pour calomnie ; le lian se déroule devant le juge ou son mandataire, et il ne devient obligatoire que sur la demande de l'épouse. Le mari jure en premier, quatre attestations et la cinquième d'invocation de la malédiction ; la femme y répond, terme pour terme. Si elle refuse de jurer, elle avoue implicitement.
Le lian est une procédure grave, devant l'autorité, avec des formules précises : il n'appartient ni aux familles ni aux rumeurs. Son but : préserver la filiation, arrêter le soupçon, et rendre à chacun son sort selon le verdict d'Allah.