Fiqh islamique > Le mariage et la famille > La prière du doute et le sujud de l'oubli
Le doute dans la prière : suivre l'avis le plus probable, les trois cas de sujud de l'oubli, et la fin de prière sans oublier le tashahhud.
Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
Le Prophète a posé la règle : « quand il doute dans sa prière et ne sait combien il a prié, qu'il délaisse le doute et bâtisse sur le certain, puis qu'il se prosterne deux fois avant de saluer » (Muslim 572, d'après Abu Sa'id al-Khudri). Le doute ne fait pas tomber la prière : on s'en tient au certain, et les deux prosternations de l'oubli réparent le doute.
L'oubli (sahû) a lui-même deux causes : la diminution (nuqsan) et l'ajout (ziyada). Le délibéré en est exclu : les savants sont unanimes, celui qui ajoute ou omet volontairement un pilier invalide sa prière (Ibn Abd al-Barr, at-Tamhid). Le sujud de l'oubli ne répare jamais un pilier : celui qui l'a omis et s'en souvient y retourne et l'accomplit ; le sujud porte sur les sunan, non sur les piliers (Ibn Rushd, Bidayat al-Mujtahid ; al-Mawardi, al-Hawi al-Kabir).
Les écoles détaillent : les Hanafites placent les deux prosternations après le salam dans tous les cas, d'après Thawban : « à chaque oubli, deux prosternations après avoir salué » (Abu Dawud 1014) ; les Malikites, les Shafi'ites et Ahmad le placent avant le salam pour l'ajout et après le salam pour l'omission. Al-Mawardi fixe le cadre : aucun désaccord sur la validité du sujud avant ou après le salam, la divergence porte sur ce qui est recommandé (al-Hawi al-Kabir) ; an-Nawawi le rapporte aussi de Qadi Iyad (Sharh Sahih Muslim).
La forme : deux prosternations comme les prosternations ordinaires. Selon le jumhur elles suivent le tashahhud final, puis on salue ; selon Abu Hanifa et Malik, lorsqu'elles viennent après le salam on fait le tashahhud puis le salam final (Ibn Rushd, Bidayat al-Mujtahid). Celui qui oublie le sujud : la prière reste valide chez la majorité, il se prosterne s'il s'en souvient, même après avoir parlé (Muslim, d'après Ibn Mas'ud).
L'imam porte l'oubli des suiveurs : le hadith « pas d'oubli sur celui qui prie derrière l'imam » est rapporté par ad-Daraqutni et al-Bayhaqi et jugé faible par al-Albani (Irwa al-Ghalil). Le suiveur qui n'a pas suivi son imam dans le sujud se prosterne après le salam de l'imam d'après Malik, al-Shafi'i et une version d'Ahmad (al-Mughni d'Ibn Qudama). Le rattrapant suit l'imam dans son sujud puis complète ce qui lui reste, et les écoles détaillent le reste (Bidayat al-Mujtahid).
Les actes étrangers commis par ignorance sont pardonnés : Mu'awiya ibn al-Hakam parla dans la prière du Prophète, celui-ci l'enseigna sans lui prescrire de sujud (Muslim 537). Le délibéré casse la prière : le sujud est une miséricorde pour l'oubli, non une porte pour la négligence volontaire.