An-nushuz (la désobéissance conjugale)

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Le nushuz de la femme : les trois étapes de correction (exhortation, séparation du lit, correction légère), la réconciliation volontaire de l'épouse, et le nushuz du mari.

Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55

Le nushuz de l'épouse et ses étapes

Le nushuz désigne la sortie de l'épouse de l'obéissance due à son mari. Les fuqaha s'accordent sur la démarche du Coran, dans l'ordre : « Exhortez celles dont vous craignez la désobéissance, délaissez-les dans les lits, et frappez-les » (an-Nisa 34). La majorité (hanafites, malikites, chaféites avec des nuances, hanbalites) exige de suivre cet ordre : commencer par le rappel bienveillant, puis le délaissement dans le lit conjugal, et seulement ensuite la correction non blessante, si elle est utile.

La correction disciplinaire reste encadrée : « corrigez-les d'une correction sans brutalité » (Muslim 1218) ; ne pas viser le visage ni l'avilir : « ne frappe pas le visage, ne défigure pas, ne t'absente pas d'elle sinon dans la maison » (Abu Dawud 2142 ; Ibn Majah 1850) ; les hanbalites plafonnent à dix coups légers d'après le hadith : « que l'un de vous ne dépasse pas dix coups » (al-Bukhari 6850 ; Muslim 1708). Si le mari sait que cela ne sert à rien, la chose devient interdite : les malikites jugent qu'une mesure sans effet escompté n'est pas légiférée, et les chaféites y voient un châtiment inutile. Les chaféites et les hanbalites précisent que renoncer est le meilleur choix pour garder l'affection. Et s'il excède, il en répond : les hanafites, malikites et chaféites le rendent garant de tout dommage causé.

Le nushuz du mari

La désobéissance peut venir du mari aussi : « Si une femme craint de son époux dédain ou désobéissance, nul grief sur eux de se réconcilier : la réconciliation est meilleure » (an-Nisa 128). Aisha l'explique : la femme qui craint d'être répudiée peut renoncer à son tour ou à son entretien pour garder son foyer, comme Sawda l'avait fait auprès du Prophète (al-Bukhari ; Muslim). Frapper sa femme ou lui nuire sans droit est interdit par accord des fuqaha ; elle peut saisir l'autorité, qui le sanctionne s'il ne cesse pas.

Quand le conflit s'installe : les deux arbitres

Si le schisme et la mésentente viennent des deux côtés, l'affaire est portée à l'autorité : « Désignez un arbitre de sa famille et un arbitre de la sienne : s'ils veulent la réconciliation, Allah rétablira l'entente entre eux » (an-Nisa 35). Les deux arbitres doivent venir des deux familles, par consensus : ils connaissent l'intérieur du foyer. La majorité des écoles (hanafites, chaféites en l'avis apparent, hanbalites) les décrit comme des mandataires des époux : ils ne peuvent ni unir ni séparer sans l'accord des deux.

Note pratique

Ces règles montrent une échelle graduée : parler, s'éloigner brièvement, puis arbitrage ; jamais de violence ni d'humiliation. En cas de crise conjugale durable, s'adresser à des personnes sages puis à un savant ou un juge.

Dans le glossaire islamique : مهرُ نكاح مهرجان بو زرجمهر
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