Fiqh islamique > Le mariage et la famille > La polygamie : autorisation, conditions et limites
Jusqu'à quatre épouses : le verset d'autorisation, la condition de justice, l'impossibilité divine de la justice parfaite et les règles de vie entre épouses.
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Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
La Loi permet à l'homme d'épouser jusqu'à quatre femmes, et lui interdit d'aller au-delà. Ibn al-Qayyim y voit un des signes de la perfection de la Loi : le nombre est limité pour que la justice reste possible, et la répudiation révocable ménage un retour pour la femme qui craint la rupture. L'autorisation ne vaut que pour l'homme : une femme ne peut être mariée à plus d'un mari à la fois, par accord des savants. Ibn al-Qayyim explique cette sagesse : si une femme avait plusieurs maris, les lignées se perdraient et les foyers sombreraient dans le conflit.
Les juristes musulmans s'accordent : celui qui a plusieurs épouses doit partager ses nuits équitablement entre elles, vierges ou déjà mariées, anciennes ou récentes, en vertu du verset : « Vivez avec elles dans la convenance » (an-Nisa 19).
Celui qui a deux femmes et penche pour l'une d'elles viendra au Jour de la résurrection avec un côté du corps déjeté.Abu Dawud 2133 ; Ibn Majah 1969 ; Ahmad 8549, 10092 ; Ibn Hibban 4207
La nuit est l'unité du partage : au minimum une nuit complète pour chacune ; le jour suit la nuit. Le meilleur modèle est nuit par nuit, à l'instar du Prophète ; si toutes acceptent une durée plus longue, cela est licite. Le mari malade peut demander à ses épouses de rester auprès de l'une d'elles, comme le Prophète l'avait demandé lors de sa maladie : « Je ne peux plus faire le tour entre vous ; m'accordez-vous de rester auprès d'Aisha ? » (Abu Dawud 2137 ; Ahmad 25883). En voyage, il choisit d'emmener toutes ses épouses ou d'en choisir une.
La polygamie est une permission encadrée, non une course aux mariages : un plafond de quatre, une répartition équitable des nuits, un entretien assuré pour chacune. Qui craint de ne pas être équitable s'en tient à une seule épouse, comme le verset le suggère.
Non : c'est une autorisation encadrée (jusqu'à quatre épouses), jamais une obligation ni un droit automatique.
Non exigé par le texte ; sa opposition motivée est un indice de justice à examiner ; plusieurs pays exigent l'autorisation judiciaire préalable.
Non : le cinquième mariage est nul ou oblige au divorce d'une épouse selon les écoles (sourate an-Nisa 3).
Équité mesurable : temps de nuit égaux, nafqa égale, logement correct pour chacune ; l'inclination du cœur n'est pas jugée (sourate an-Nisa 129).