Le khul' (la rupture par compensation)

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Le khul' : la femme rembourse le mahr (ou davantage selon un avis) pour rompre le mariage ; le hadith de Thabit ibn Qays, les conditions et les cas.

Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55

Une sortie prévue par la Loi

Le khul' est la rupture du mariage obtenue par la femme en échange d'une compensation versée au mari. Le Coran l'établit : « Si vous craignez que les deux ne puissent maintenir les limites d'Allah, nul grief sur eux pour ce dont elle se rachète » (al-Baqara 229), et : « S'ils vous cèdent quelque chose de leur plein gré, disposez-en sereinement » (an-Nisa 4). Les savants rappellent l'accord de la Oumma sur sa légitimité ; Ibn al-Qayyim note qu'une troupe isolée l'a niée, contre le texte et le consensus.

La femme de Thabit ibn Qays vint au Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) : je ne blâme rien chez Thabit, ni son caractère ni sa religion, mais je crains de devenir ingrate envers l'islam. Le Prophète demanda : rends-lui son jardin ? Elle dit : oui. Alors accepte le jardin et répudie-la d'une répudiation.al-Bukhari 4971

Ce fut le premier khul' de l'islam. Habiba bint Sahl, épouse de Thabit ibn Qays aussi, se rendit chez le Prophète : « il ne me convient plus avec lui », et le Prophète dit à Thabit : « prends d'elle », et il prit (al-Muwatta 1174).

Quand il est licite

Les juristes ouvrent le khul' quand la femme rejette son mari : caractère, physique, religion, vieillesse ou faiblesse, au point de craindre de ne pas lui rendre ses droits ; elle offre alors une compensation pour obtenir la rupture, et le mari peut l'accepter sans désaccord entre les savants. D'autres situations sont discutées entre les écoles selon la cause du conflit.

Comment il se conclut

Il passe par une formule d'échange : le mari prononce, la femme accepte, et les deux parties doivent être responsables et discernantes. La compensation est tout ce que le mari a donné, par accord des savants rapporté par Ibn Abd al-Barr ; en deçà ou au-delà, les écoles détaillent. Les hanafites relèvent cinq formules dont « khala'tuki » et « talliqi nafsaki sur mille » ; les malikites comptent khul', fidiya, sulh et mubara'a. Sans compensation, les hanafites et hanbalites ne voient pas de khul' : la parole tombe en répudiation si l'intention ou les mots y poussent. Khul' avant consommation : la femme rend la moitié du mahr chez chaféites et hanbalites.

Ses effets

La majorité (hanafites, malikites, chaféites, hanbalites dans une narration) compte le khul' comme une répudiation définitive unique : une seule est décomptée des trois, sauf s'il nomme trois ou les vise. Le mari ne peut revenir pendant le délai : la séparation est immédiate, et si elle épouse quelqu'un d'autre puis revient divorcée, le compte repart avec deux répudiations restantes.

Note pratique

Le khul' protège la femme d'un foyer impossible sans la jeter dans l'injustice : elle rend une partie de ce qu'elle a reçu, le mariage se ferme proprement. Le montant et la formule se règlent avec un savant, jamais sous la pression.

Questions fréquentes

Le khul' exige-t-il l'accord du mari ?

La majorité l'exige ; les malikites admettent que le juge impose le khul' quand le dommage est prouvé (le cas de Habiba bint Sahl, al-Bukhari 5273).

La femme rend-elle sa dot dans le khul' ?

Typiquement oui : elle rend ce qu'elle a reçu (le jardin de Jamila) en compensation ; le montant se négocie ou se fixe au juste.

Le khul' est-il révocable ?

Non : le khul' est une rupture définitive ; un remariage exige un nouveau contrat complet avec dot.

Le mari refuse le khul' : que faire ?

Saisir le juge (ou l'instance compétente) : le tafriq pour dommage ou défaut d'entretien existe (voir la page divorce judiciaire).

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