Fiqh islamique > Le mariage et la famille > Az-zihar (la comparaison au dos)
Le zihar : dire à sa femme « tu es pour moi comme le dos de ma mère », son interdiction, la kaffara avant toute relation, et la divergence sur le dhimmi.
Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
Le zihar consiste à dire à sa femme : « tu es pour moi comme le dos de ma mère ». Tous les savants l'interdisent : c'est une parole répréhensible et mensongère, comptée parmi les grands péchés par certains. Allah dit : « Et parmi vous il y en a qui tiennent de pareils propos au sujet de leurs épouses : elles ne sont pas leurs mères ; leurs mères sont celles qui les ont engendrés » (al-Mujadala 2), et : « vos épouses que vous répudiez par zihar ne sont pas vos mères » (al-Ahzab 4). Les chaféites le définissent comme comparer son épouse à une femme à jamais interdite ; les hanbalites ajoutent la comparaison d'un membre de son corps, voire à un homme, parent ou étranger.
Les savants s'accordent : celui qui dit à sa femme « tu es pour moi comme le dos de ma mère » est mu-zahir.rapporté par Ibn al-Mundhir
La formule explicite se produit sans intention ; la formule allusive exige l'intention, comme dans le divorce. Comparer l'épouse à ses mahrams éternels, soeur, tante, mère par l'allaitement, relève du zihar chez les hanafites ; la comparaison à une femme interdite temporairement, comme la soeur de l'épouse, se discute entre les écoles.
Le zihar suspend les rapports : le mari ne peut approcher son épouse avant l'expiation, par accord des musulmans, en vertu du verset : « ceux qui répudient leurs femmes par zihar puis reviennent sur ce qu'ils ont dit devront affranchir un esclave avant tout contact ; sinon, deux mois de jeûne consécutifs avant tout contact ; et qui ne le peut, nourrir soixante pauvres » (al-Mujadala 3-4). Le reste de la vie conjugale continue : entretien, logement, ses autres droits demeurent, et le délai ne court pas.
L'ordre suit le verset : on ne passe à l'étape suivante qu'en cas d'impossibilité. Ibn Qudama précise que le jeûne consécutif ne se rompt pas par un acte nocturne permis ; un rapport avec l'épouse pendant l'expiation relève des détails que tranchent les écoles.
Cette règle protège le rang des mères : aucune comparaison entre une épouse et un mahram. Une parole lâchée en colère engage une expiation sérieuse : parler avec respect, et si la parole est prononcée, s'acquitter selon l'ordre du Coran avec l'avis d'un savant.