Fiqh islamique > Le mariage et la famille > L'ila (le serment d'abstinence)
L'ila : le serment du mari de ne pas approcher sa femme, la limite de quatre mois, et l'obligation de rompre.
Sommaire :
Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
L'ila est le serment par lequel un mari s'engage à ne pas approcher sa femme pendant quatre mois ou plus. Le Coran en pose le cadre : « Ceux qui font voeu de s'abstenir de leurs femmes ont un délai de quatre mois ; s'ils reviennent, Allah est pardonneur et miséricordieux ; s'ils se décident au divorce, Allah entend et sait » (al-Baqara 226-227). Les hanafites le définissent comme le serment d'abandonner les rapports pendant une durée déterminée ; les malikites, comme le serment du mari responsable de tout ce qui exprime le refus des rapports, explicitement ou par une condition pesante, plus de quatre mois.
Chaféites et hanbalites frappent l'ila d'interdit : il nuit à l'épouse et porte sur l'abandon d'un devoir conjugal ; l'épisode du Prophète lui-même montre le retour au droit.
Le Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) s'était abstenu d'un mois de ses femmes et restait dans une pièce supérieure. Umar vint : as-tu répudié tes femmes ? Il répondit : non, mais je me suis abstenu un mois d'elles. Il resta vingt-neuf nuits, puis descendit et rentra chez elles. On lui dit : tu t'étais abstenu un mois ? Il dit : le mois, c'est vingt-neuf nuits.al-Bukhari 4905, 4984, 6306
La parole de l'ila se classe comme celle du divorce : une formule explicite, « je ne t'approcherai plus », « je ne dormirai pas avec toi », se produit sans intention ; une formule allusive ne se produit qu'avec l'intention, par accord des savants. Le serment vaut par Allah ou par une de ses qualités, et les malikites étendent aux serments par le divorce, l'affranchissement ou un engagement pesant. La formule ambiguë, « pas d'autre rapport qu'un mauvais rapport », appelle son explication : selon sa réponse, il devient mu'lî ou non, chez les hanafites.
L'ila n'est pas une punition silencieuse : il a un délai, une issue et des droits pour la femme. Le mari en colère doit parler, chercher conseil, ou divorcer proprement ; le silence armé n'est pas une solution.