Fiqh islamique > Le mariage et la famille > Le talak (répudiation) : définition et formes
Le talak : les formules explicites et allusives, l'intention, le talak révocable (raj'i) et irrévocable (ba'in), le triple divorce d'un seul énoncé.
Sommaire :
Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
Tous les savants s'accordent : le talaq est légiféré, par le Livre, la Sunna et l'accord de la Oumma : « Quand vous répudiez les femmes, répudiez-les pour leur délai » (at-Talaq 1), « Le divorce est deux fois ; alors soit reprise selon la convenance, soit libération avec bienfaisance » (al-Baqara 229). Abdullah ibn Umar avait répudié sa femme en période de règles ; le Prophète l'obligea à la reprendre. Et la Sunna pèse le regret : « Ce qu'Allah déteste le plus des choses licites est le divorce » (Abu Dawud), et : « Tout divorce est licite, sauf celui du détenu et de celui que la raison a quitté ».
Les paroles du talaq se partagent en deux. Le talaq explicite : « tu es répudiée », « je te répudie » : il se produit sans intention, d'un accord des savants, qu'il soit dit sérieusement ou en plaisantant. Le talaq allusif : toute parole qui peut viser le divorce comme autre chose : il ne se produit qu'avec l'intention, par consensus également. Le divorce s'exprime par la langue : la volonté du coeur seul ne le fait pas tomber, selon l'accord des fuqaha.
Le divorce est par principe révocable : le mari peut reprendre son épouse pendant son délai. Il devient définitif dans trois cas : avec la troisième répudiation, avec le khul', et avant la consommation. Après trois répudiations, elle ne redevient licite pour lui qu'après qu'elle a épousé un autre mari dans un mariage réel : « s'il la répudie, elle ne lui est plus licite jusqu'à ce qu'elle épouse un autre époux » (al-Baqara 230). Les hanafites distinguent une séparation légère (nouveau contrat possible après le délai) et une séparation lourde (exigeant un mariage intermédiaire consommé) ; Ibn Taymiyya parle de séparation majeure et mineure. Si le mari dit « tu es répudiée trois fois » d'une seule formule à une femme non consommée, les quatre écoles comptent trois répudiations, et elle ne lui redevient licite qu'après un autre mariage.
Le talaq est une porte de sortie, non une arme : prononcé dans la pureté sans consommation, espacé, il garde au couple une chance de retour. Jamais sous colère, jamais en période de règles, jamais pour blesser. Avant de prononcer un seul mot, consulter un savant.
Valide selon les quatre écoles si la raison reste présente (la parole dite en connaissance) ; nul si la raison est totalement absente ; sous contrainte : n'opère pas selon le jumhur, opère selon les hanafites.
Deux talaks révocables, puis le troisième devient définitif ; après le troisième, le remariage exige un mariage intermédiaire consommé (voir la page).
Trois selon la majorité des écoles ; un seul selon Ibn Taymiyya et Ibn al-Qasim (rapport d'Umar antérieur) : divergence célèbre à trancher avec un savant.
Oui : le talak révocable permet au mari de reprendre son épouse pendant l'iddah, sans nouveau contrat ni nouvelle dot.