Fiqh islamique > Les aliments et les boissons > Les animaux marins : poissons, crustacés et fruits de mer
Ce qui est licite de la mer : la règle du jumhur, les divergences sur les crustacés et les prédateurs, avec les preuves des manuels.
Sommaire :
Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
Ce qui vit dans la mer bénéficie d'un régime propre : pas d'abattage, et une licéité de principe posée par le Coran. Les écoles en tirent des conséquences différentes sur les espèces.
Malikites, chafiites et hanbalites partent du verset : « il vous est permis le gibier de la mer et sa nourriture » (al-Ma'ida 96) et du hadith : « son eau est purifiante, sa bête morte est licite ». Les malikites en concluent la licéité de tout ce qui vit dans la mer, y compris ses espèces pareilles aux animaux de terre interdits, comme le chien de mer et le porc de mer, puisque la généralité du verset les couvre et qu'aucun n'exige d'abattage. Les chafiites distinguent : tout ce qui a la forme du poisson est licite comme lui, vivant ou mort ; pour ce qui en diffère (crabe, tortue, grenouille), leur école porte trois avis, le plus solide maintenant la licéité de tout ; les oiseaux d'eau, eux, vivent aussi sur terre et exigent l'abattage sans divergence.
Les hanafites restreignent la licéité au poisson, tous genres compris, et l'interdisent pour le reste : crabe, tortue, grenouille, porc et chien de mer, sous le verset des « mauvaises choses » (al-A'raf 157) : ce qui n'est pas poisson est dégoûtant selon leur lecture. Ils excluent aussi le poisson qui flotte mort, comme il est dit à la page précédente.
Ce que la mer rejette sur le rivage, mangez-le ; ce qui meurt dans l'eau et flotte, n'en mangez pas.Abu Dawud 3815 (rapport jugé faible)
Sur ce poisson flottant (tafi), hanafites s'appuient sur ce hadith ; la majorité le rend licite sur la foi d'al-Ma'ida 96 et des paroles d'Abu Bakr et d'Umar rapportées par al-Bukhari. Le point d'accord ferme : le poisson non flottant est licite pour tous, et le poisson rejeté par la mer l'est également.
La table des fruits de mer traverse donc deux zones : la majorité étend la règle du verset à tout ce qui vient de la mer ; l'école hanafite tient le poisson seul. Chacun se repère selon l'école qu'il suit, la divergence étant ancienne et documentée des deux côtés.