Les boissons : le vin et les boissons enivrantes

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L'interdiction du khamr par étapes dans le Coran, l'avis de l'intoxication généralisée, et les boissons non enivrantes.

Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55

L'interdiction par étapes

L'interdiction du khamr est venue en trois étapes : d'abord la mention d'un mal et d'un profit (al-Baqara 219), puis l'interdiction à l'approche de la prière (an-Nisa 43), puis l'interdiction totale :

Ô vous qui croyez ! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées et les flèches de divination sont une souillure de l'œuvre de Satan : évitez-le donc, peut-être serez-vous heureux. Satan veut jeter l'inimitié et la haine parmi vous par le vin et le jeu de hasard, et détourner du rappel d'Allah et de la prière.sourate al-Ma'ida 90-91

Le consensus est rapporté en clair : an-Nawawi écrit que les musulmans s'accordent sur l'interdiction de boire le khamr, et Ibn Qudama que les rapports du Prophète sur cette interdiction, réunis, atteignent le degré du tawatur.

Le khamr et les boissons enivrantes

Tout ce qui enivre est khamr, et tout ce qui enivre est interdit.al-Bukhari 5253 ; Muslim 2003

Les écoles définissent le khamr : le jus de raisin fermenté. Les hanafites comptent quatre boissons interdites par le texte : le khamr ; le jus de raisin réduit des deux tiers (tila' et badhiq) ; le jus de dattes crues fermenté (sakar) ; l'infusion bouillie de raisins secs. Le nabidh de dattes cuit à point reste licite pour qui le boit pour se fortifier, sans ivresse ni divertissement ; le nabidh de miel, de figues, de blé, d'orge ou de maïs est licite même non cuit : « le khamr vient de ces deux arbres : le palmier et la vigne » (Muslim 1985). Selon Abu Hanifa et Abu Yusuf, celui qui s'enivre de nabidh licite ne subit pas le châtiment ; Muhammad ibn al-Hasan le fait flageller en cas d'ivresse.

La majorité (malikites, shafi'ites, hanbalites), sur l'avis de la plupart des compagnons, va plus loin : tout breuvage qui enivre en grande quantité rend interdite sa petite quantité, et il suit le khamr dans l'interdiction, l'impureté et le châtiment, cru ou cuit.

Le châtiment du buveur

Il porte sur toute quantité, avec ivresse ou non : « quiconque boit du khamr, flagellez-le ; s'il recommence, flagellez-le ; s'il recommence, flagellez-le ; s'il recommence, tuez-le » (Abu Dawud 4484, at-Tirmidhi 1444, an-Nasai 5661). Le rapport sur la mise à mort à la quatrième reprise est jugé abrogé : le Prophète a flagellé un buveur quatre fois sans le tuer (récit rapporté faible, Abu Dawud 4485). La quantité du châtiment a été fixée par 'Umar : quatre-vingts coups pour l'homme libre, quarante pour l'esclave, sur le hadith d'Anas (Muslim 1706, Abu Dawud 4479, at-Tirmidhi 1443).

Les boissons non enivrantes

  • le lait, l'eau, les jus et le sirop de raisin (dibs) non fermentés : licites ;
  • le nabidh non enivrant : licite selon les hanafites dans les conditions citées, interdit chez la majorité dès la petite quantité s'il enivre à forte dose.

Note pratique

Les académies contemporaines rangent les alcools modernes, y compris les spiritueux industriels, dans l'interdit sans discussion : le débat classique ne portait que sur le nabidh, pas sur ces boissons.

Dans le glossaire islamique : إشراب شراب أفطر عندكم الصائمون وأكل طعامكم الأبرار طعام
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