Le ghusl du défunt

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Qui lave le défunt, comment le laver, le nombre de lavages, le sidr et le camphre, le cas du martyr et de l'enfant.

Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55

Laver le mort musulman est une obligation collective : si certains s'en chargent, elle retombe de tous. L'encyclopédie en détaille la manière, les cas et les divergences.

Les lavages : nombre et matière

Le nécessaire est ce qui purifie ; le recommandé est le nombre impair : trois lavages, ou cinq, ou davantage selon le besoin, avec du s idr dans l'eau puis du camphre dans le dernier, d'après le hadith d'Umm Atiyya : « lavez-la trois, cinq ou sept fois, ou davantage si vous le jugez, avec de l'eau et du s idr, et mettez du camphre dans le dernier » (al-Bukhari 1253 ; Muslim 939). Sur la place du s idr, Abu Hanifa et Ahmad le mettent dans toutes les eaux, Malik et al-Shafi'i dans la première seulement. On débarrasse d'abord le corps des impuretés, on procède ensuite comme pour la prière (les hanafites évitent d'introduire l'eau dans la bouche et le nez), et l'on presse doucement le ventre au début, d'après la pratique d'Ibn Umar. L'eau froide est préférée selon chafiites et hanbalites, Malik laissant le choix.

Déshabillé ou en chemise

Chafiites et hanbalites (dans une transmission) préfèrent laver en chemise, plus discret, d'après le hadith du Prophète lavé en chemise ; hanafites, malikites et hanbalites (dans l'autre transmission) préfèrent le corps couvert mais dévêtu, le lavage y étant plus complet et la chemise risquant de se souiller. Aisha rapporte le doute des épouses du Prophète sur cette question, et Sa'd demanda : « faites de moi ce qui a été fait au Messager d'Allah » (rapporté par Abu Dawud).

Qui lave qui

Si je pouvais reprendre ce que j'ai caché, le Messager d'Allah n'aurait été lavé que par ses femmes.Abu Dawud 3141 ; Ibn Majah 1464

La femme lave son mari et l'homme lave sa femme, par unanimité consignée par Ibn al-Mundhir ; Abu Bakr recommanda qu'Asma le lavât. L'homme peut laver ses proches parentes interdites au mariage selon Malik et al-Shafi'i, la main couverte d'un tissu épais ; Abu Hanifa et Ahmad l'excluent. Sans personne de permis, on procède au tayammum pour le défunt (avis le plus solide chez le jumhur). Le non-musulman n'est pas lavé, par unanimité ; s'il est de la parenté, malikites et hanbalites n'autorisent ni lavage ni enterrement parmi les musulmans. Celui dont on ignore la religion est traité selon ses signes : trouvé en terre d'islam avec les marques des musulmans, il est lavé, prié et enterré parmi eux.

Le parfum et la dignité

Les quatre écoles admettent le parfum d'encens pendant le lavage pour écarter l'odeur ; les cheveux de la femme sont tressés en trois nattes rejetées derrière la tête (al-Bukhari 1201), sauf chez les hanafites qui les laissent libres ; les cheveux ne sont pas démêlés brutalement selon la majorité, al-Shafi'i admettant un peignage léger au peigne large.

La rémunération

La majorité des juristes permet de prendre un salaire pour laver, ensevelir, porter et enterrer, tout en le jugeant détesté ; mieux vaut le faire gratuitement. Si la tâche devient obligatoire pour lui seul, il ne perçoit rien chez hanafites et malikites ; une parole hanbalite interdit le salaire du lavage en absolu.

Note pratique

L'essentiel tient en trois mots : purification complète, pudeur, dignité. Le reste relève des précisions d'école.

Dans le glossaire islamique : قبر مقبرة أقبر تجهيز الميت
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