Les vœux (nudhur)

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Le vœu : définition, statut (seulement d'obéissance), le vœu de désobéissance n'est pas accompli, et les types de vœux.

Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55

Définition et conditions

Le vœu (nadr) est un engagement volontaire envers Allah d'accomplir un acte d'obéissance. Il demande une formule : la majorité des écoles (malikites à la position sûre, shaféites, hanbalites) ne le forme que par une parole prononcée ; les hanafites citent des formules telles « c'est un devoir pour moi envers Allah », « ceci est une offrande ou une aumône ». Malikites : toute parole qui engage suffit, même sans le mot vœu. Nawawi : la formule la plus complète est « si Allah guérit mon malade, j'ai tel devoir envers Allah ». La volonté est requise chez malikites, shaféites et hanbalites ; les hanafites acceptent le vœu même contraint. La foi : malikites, le vœu du mécréant ne lie pas après l'islam mais est recommandé ; hanafites et shaféites (à la position), l'islam est requis ; hanbalites et shaféites (un avis), il est valide et lie après conversion, comme Umar à qui le Prophète (paix et salut sur lui) dit après l'islam :

« Accomplis ton vœu. »al-Bukhari 1937 ; Muslim 1656

Le vœu d'obéissance

Trois formes. Le vœu d'échange : « si Allah me guérit, me donne un enfant ou me délivre, j'ai à jeûner un mois, prier, affranchir ou pèleriner » : dès que la condition arrive, l'accomplissement lie par consensus des savants ; le Coran blâme ceux qui n'honorent pas un tel engagement (sourate at-Tawba 75-77). L'engagement d'obéissance sans condition : il lie aussi. L'obéissance sans origine obligatoire, comme l'i'tikaf ou la visite du malade : le vœu est valide pour la majorité, par le hadith :

« Qui fait le vœu d'obéir à Allah, qu'il Lui obéisse. »al-Bukhari 6700

Le vœu de désobéissance

Il n'est pas accompli :

« Qui fait le vœu de désobéir à Allah, qu'il ne Lui désobéisse pas. »Abu Dawud 3290 ; Tirmidhi 1524 ; Ibn Majah 2121

Un homme avait fait le vœu de rester debout au soleil sans parler ni s'abriter ni s'asseoir, en jeûnant ; le Prophète (paix et salut sur lui) ordonna : « Commandez-lui de parler, de s'abriter, de s'asseoir et de compléter son jeûne » (al-Bukhari 6326) : on abandonne la désobéissance et on complète l'obéissance. Jeûner le jour des deux fêtes est interdit par consensus, volontairement ou par vœu : ce vœu est un vœu de désobéissance ; le rattrapage divise les savants. Sur l'expiation : hanafites et hanbalites la rendent due quand il n'accomplit pas ; les autres écoles ont des nuances.

Le vœu d'acte permis, déconseillé ou obligatoire

Acte permis (manger, marcher, divorcer licitement) : hanbalites, choix entre l'accomplir ou expier ; hanafites et shaféites (un avis), le vœu n'est valide que pour une piété dont le genre comporte un obligatoire (jeûne, prière, pèlerinage, affranchissement, aumône). Acte déconseillé (prier après l'asr, manger de l'ail, divorcer) : hanafites, malikites et shaféites (à la position sûre), le vœu ne se forme pas : « Nul vœu si ce n'est en ce par quoi on recherche le visage d'Allah » (Abu Dawud 2192), appuyé par le récit d'Abu Isra'il (al-Bukhari 6326) ; hanbalites (une version) et shaféites (un avis), il se forme mais il vaut mieux expier et laisser l'acte ; s'il l'accomplit quand même, pas d'expiation puisqu'il a rempli son vœu. Acte obligatoire à titre personnel (prière prescrite, jeûne de Ramadan, pèlerinage obligatoire) : le vœu ne se forme pas, car ce qui est déjà obligatoire ne peut être imposé deux fois, et pas d'expiation pour la majorité.

Le vœu vague, de colère ou au-delà de la capacité

Le vœu vague (« j'ai un vœu » sans précision) : valide et liant, l'accord d'Ibn Rushd. Le vœu d'obstination ou de colère (« si je parle à Untel, j'ai un mois de jeûne ») : le choix entre l'accomplir ou expier selon shaféites (un avis), hanbalites, Abu Hanifa (une version), Muhammad et Ibn al-Qasim chez malikites. Le vœu au-delà de sa capacité : hanafites, il lie de façon estimative (le vieillard incapable de jeûner doit la compensation alimentaire) ; le vœu impossible (jeûner hier, femme jeûnant ses jours de règles) ne se forme pas et n'impose rien ; hanbalites y voient possiblement l'expiation comme pour le serment engloutissant. Ibn Abbas a rapporté du Prophète (paix et salut sur lui) : « Qui fait un vœu sans le préciser, son expiation est celle du serment ; qui fait un vœu de désobéissance, son expiation est celle du serment ; qui fait un vœu qu'il ne peut supporter, son expiation est celle du serment » (Abu Dawud 3322, faible dans sa forme relevée) ; et Uqba ibn Amir : « L'expiation du vœu non précisé est l'expiation du serment » (Muslim 1645).

Ce qu'on peut consommer du vœu

En principe le vœu ne se mange pas par celui qui l'a formulé. Hanafites : la brebis promise devient aumône, le nazhir n'en mange pas, sinon il rembourse la valeur de ce qu'il a mangé. Malikites : interdit si le vœu est désigné aux pauvres par le mot ou l'intention ; permis avant sa livraison si personne n'est désigné. Shaféites : s'il l'a désigné parmi ce qu'il doit déjà, il ne peut en manger.

Note pratique

Le vœu est un engagement sérieux : mieux vaut ne pas s'imposer ce qu'on risque de ne pas tenir. Les règles générales : accomplir le vœu d'obéissance, abandonner tout vœu de désobéissance en payant l'expiation du serment, et ne promettre que ce qui rapproche d'Allah et reste à sa portée.

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