L'ijara muntahiya bi-t-tamlik : la location qui mène à la propriété

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Louer pour devenir propriétaire : le leasing islamique avec promesse de vente, ses structures, ses pièges et la différence avec le crédit-bail classique.

Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55

L'ijara muntahiya bi-t-tamlik (location aboutissant à la propriété) est la structure du leasing islamique : la banque achète le bien, le loue, et promet de le vendre au locataire à la fin, par la location, le rachat des parts ou un prix symbolique.

Les structures admises

  • Location + promesse de vente séparée : le bail et la promesse sont deux contrats distincts ; à l'échéance, la vente se fait à un prix fixé d'avance ou symbolique (donation de la valeur résiduelle) : la structure principale codifiée par la norme n° 9 d'AAOIFI (Ijara et ijara muntahia bi-t-tamlik).
  • La mouchaaraka mutanaqisa (association décroissante) : la banque et le client co-possèdent le bien ; le client paie un loyer sur la part de la banque et rachète progressivement ses parts jusqu'à la propriété totale : la structure la plus robuste, car le transfert s'opère par ventes successives réelles.
  • La location avec rachat des parts : chaque mensualité combine loyer et achat d'une fraction : conforme si le loyer et l'achat sont distingués.

Les conditions de conformité

  • La banque propriétaire réelle : elle achète, porte les risques du propriétaire (destruction avant livraison locative, responsabilité légale) ; une « banque » qui ne possède jamais rien prête en réalité.
  • Le loyer du marché et révisable : fixé ou indexé selon le bail ; pas d'augmentation arbitraire (la norme n° 9 d'AAOIFI encadre la révision du loyer).
  • La promesse non fusible : la promesse de vente (wa'd) engage moralement et peut être rendue contraignante (wa'd mulzim) selon la norme n° 9 d'AAOIFI, mais la vente finale reste un contrat distinct : si le client part avant terme, il part locataire, pas endetté du capital restant comme un crédit.
  • Les charges et l'assurance : réparations majeures à la banque (propriétaire), entretien courant au locataire ; l'assurance du bien par la banque (ou takaful).

La différence avec le crédit-bail classique

Le crédit-bail classique masque souvent un financement à intérêt (loyers calculés sur un taux + option à 1 euro, banque jamais propriétaire des risques). L'ijara islamique exige la propriété réelle du bailleur, le port des risques qui y sont attachés et l'absence d'intérêt : c'est la substance qui qualifie, pas l'étiquette.

Note pratique

Le locataire-acheteur vérifie : qui porte l'assurance et les gros travaux ? la promesse de vente est-elle écrite avec prix ? que se passe-t-il en cas de départ anticipé (solde locatif, pas dette capitale) ? Trois réponses honnêtes = structure sérieuse.

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