Les métiers interdits et la reconversion licite

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Vendre de l'alcool, travailler en banque à intérêt, l'escroquerie : les métiers exclus par le fiqh, les fonctions limites et la voie de la reconversion.

Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55

Le commerce de ce qu'Allah a interdit

Le vin : interdit à la vente par le consensus : « Allah et Son Messager ont interdit la vente du vin, de la bête morte, du porc et des idoles » (al-Bukhari 2121, Muslim 1581) ; « Celui qui a interdit d'en boire a interdit d'en vendre » (rapporté par Malik dans le Muwatta 1543) ; Ibn Abd al-Barr, Ibn al-Mundir et al-Qurtubi rapportent l'accord de tous. Le porc et la bête morte : même interdiction par consensus (sourate al-Ma'ida 3 ; Ibn al-Mundir, an-Nawawi) ; le prix du porc est haram, toutes parties comprises (Ibn al-Qayyim, Ibn Kathir). Le sang : « le Prophète a interdit le prix du sang et le prix du chien » (al-Bukhari 2123) ; les savants s'accordent sur l'interdiction de sa vente, le foie et la rate restant licites à manger (rapporté par Ahmad 5723, Ibn Majah 3314).

Idoles, croix et instruments

La vente des idoles est interdite par consensus ; Ibn al-Mundir excepte les idoles d'or, d'argent, de fer ou de plomb une fois fondues et changées en vases ou en pièces. al-Bagawi en tire l'interdiction de vendre toute image fabriquée et tout instrument de divertissement interdit (tambour, flûte, instruments), leurs matières redevenant vendables une fois transformées ; Ibn al-Qayyim y ajoute les livres de shirk, à détruire, leur vente ouvrant la voie à leur acquisition.

Les armes

  • Vendre des armes dans la discorde entre musulmans : interdit pour les hanafites, malikites et hanbalites quand l'acheteur va combattre avec (coopération au péché, sourate al-Ma'ida 2 ; le hadith d'Imran ibn Husayn est jugé faible par les spécialistes) ; les shafi'ites déconseillent sans invalider la vente (avis d'ash-Shafi'i dans l'Umm : l'interdit est présomptif, l'arme pouvant servir au jihad).
  • Vendre des armes à l'ennemi en guerre : interdit par consensus (an-Nawawi) : arme, monture ou ce qui renforce l'ennemi contre les musulmans.
  • Vendre aux rebelles et aux brigands : interdit pour les hanafites, malikites et hanbalites ; déconseillé et valide pour les shafi'ites ; vendre aux gens de la justice pour combattre les rebelles reste admis.

Les cas discutés : chien et chat

Le chien de chasse dressé : son prix est admis chez les hanafites (rapport d'Ibrahim, licence prophétique) ; nul chez les shafi'ites et hanbalites (hadith d'Abu Mas'ud, al-Bukhari 2237, Muslim 1567) ; chez les malikites, le chien interdit ne se vend pas d'un accord, le chien de chasse divisant les avis. Le prix du chat n'est pas illicite mais vil selon at-Tahawi ; le jumhur l'admet (Ibn Rushd), Ibn al-Qayyim préférant l'interdiction d'après le récit de Jabir. La règle qui en sort : ce qui ne se vend pas n'emporte aucune indemnité sur son destructeur.

La voie du retour

Ces interdictions protègent le corps, la raison et la foi. Sortir d'un commerce interdit se fait en remplaçant l'objet licitement, non en le maquillant : c'est le sens de l'ordre prophétique de faire disparaître le vin plutôt que de le monnayer.

Note pratique

Grille simple : l'objet est-il illicite en lui-même ? ma part sert-elle directement l'illicite ? La réponse des fuqaha est constante pour le vin, le porc, le sang, la bête morte, les idoles et l'armement de l'ennemi.

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