Fiqh islamique > Les sociétés et les baux > L'ijara (la location)
La location : ses piliers (bailleur, preneur, bien ou travail, loyer, formule), la garantie du bien loué, les conditions, et ce qui l'invalide.
Sommaire :
Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
L'ijara est le contrat sur un avantage contre un salaire. Tous les savants s'accordent sur sa licéité : le Coran ordonne de donner leur salaire aux nourrices (sourate at-Talaq 6), Shu'ayb propose à Moïse de travailler huit ans pour épouser une de ses filles (sourate al-Qasas 26-27), le Prophète a loué un guide lors de l'Hégire (al-Bukhari 2145) et a illustré la génération d'Allah par des journaliers payés au qirat (al-Bukhari 2148). an-Nasafi : « tous ceux dont le consensus compte s'accordent sur sa licéité ».
La majorité retient quatre piliers : les contractants, la formule, le salaire, l'avantage. Conditions sur l'avantage : connu en nature, quantité et qualité, par la durée (maison, terre), par la description (teinture, couture, charge) ou par désignation ; le fourrage de la bête louée pèse sur le loueur, et louer une bête « avec son fourrage » invalide le contrat (salaire inconnu). Conditions sur le salaire : connu comme le prix dans la vente (jumhur) ; le stipuler en partie en travail inconnu (rénover la maison, creuser le puits) rend le salaire inconnu et le contrat fasid (hanafites, shafi'ites) ; la règle : ne pas faire du salaire quelque chose qui résulte du travail de l'ouvrier.
L'objet est l'avantage, non la chose : l'avantage s'acquiert et se garantit, la chose reste au loueur (jumhur). Une exception de méthode chez Ibn Taymiyya et Ibn al-Qayyim : tout ce qui se produit par fragments avec subsistance de la chose (fruit de l'arbre, lait, eau du puits) suit le régime des avantages.
Les quatre écoles conviennent qu'un an ou moins se valide ; au-delà, la majorité valide toute durée où la chose subsiste (sourate al-Qasas 27 : huit ans) ; les shafi'ites, contre l'avis le plus sûr, exigent le quota de chaque année ; les malikites reviennent à la valeur réelle quand les périodes diffèrent en prix (saisons). La location d'une maison se valide pour un jour au minimum. L'ijara est contraignante : nul des deux ne peut la rompre sans cause (les hanbalites : « l'ijara est un contrat d'échange, comme la vente ») ; le vice caché donne le droit de rompre sans divergence (Ibn Qudama) ; rompre sans cause engage le loyer entier.
Se louer un avantage contre un avantage de nature différente est valide (malikites, shafi'ites, hanbalites) : un logement contre un service, ou contre un transport ; de même nature, cela ne se valide pas (logis contre logis). Le mariage contre l'enseignement du Coran fut validé par le Prophète (al-Bukhari 5149), l'avantage d'enseignement tenant lieu de mahr.
Bail ou location : avantage décrit, salaire connu, durée claire ; aucune des deux parties ne rompt sans excuse, et le vice caché rouvre toujours le choix.