La ju'ala (la récompense à la tâche)

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La ju'ala : la récompense promise à qui accomplit une tâche définie (trouver un objet perdu, enseigner le Coran, guérir), et les règles de son accomplissement.

Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55

Le jugement de la ju'ala

La ju'ala : promettre une récompense à qui accomplit un travail au résultat souvent incertain (retrouver un fugitif, un objet perdu). Les quatre écoles s'accordent sur sa licéité pour le retour de l'esclave fugitif, et Ibn Qudama ne connaît aucun dissentateur sur la ju'ala en général. Preuves : le verset de Joseph : « et pour qui l'apporte, une charge de chameau » (sourate Yusuf 72), charge connue chez eux ; et le récit des compagnons guérisseurs : « accordez-nous une ju'ala » ; le Prophète dit ensuite : « vous avez eu raison ; partagez, et réservez-moi une part » (al-Bukhari 2156, Muslim 2201). La raison : le travail peut être inconnu, la location devenant impossible ; la ju'ala, non contraignante, tolère l'inconnu.

Les différences avec l'ijara

  • Contrat révocable avant le travail (malikites, shafi'ites, hanbalites) ; si le prometteur se rétracte après que l'ouvrier s'est saisi du travail, il lui doit le salaire équivalent.
  • Travail non décrit admis : « qui ramène mon esclave aura tant » se valide ; l'ijara exige la description.
  • Durée non requise (shafi'ites, hanbalites) ; les malikites interdisent de fixer un délai, le travail devant s'achever avant lui sous peine de gharar accru.
  • L'ouvrier n'a pas à être nommé ; le travail vaut acceptation (malikites, shafi'ites, hanbalites).
  • Le ju'l ne se gagne qu'à l'achèvement (malikites, shafi'ites) ; stipuler son versement anticipé corrompt le contrat, l'ouvrier passant alors au salaire équivalent.

Les conditions du ju'l

Le ju'l doit être connu pour la majorité (malikites, shafi'ites, madhhab hanbalite) ; Ibn Qudama tolère le ju'l partiel (« la moitié de mon esclave pour qui le ramène ») quand l'inconnu n'empêche pas la livraison ; Ibn Arafa tient ce cas pour invalide, donnant alors le salaire équivalent. Ibn Rushd valide la commission à taux fixe (« vends-la dix dinars, tu auras un sixième de chaque dinar ») et déclare illicite la commission sans prix plafonné. Le travail doit être permis : aucun ju'l sur le chant ou la flûte (sourate al-Ma'ida 2) ; la ju'ala couvre ce que l'ijara couvre, et encore ce que l'ijara refuse pour inconnu (an-Nawawi).

Cas notables

Celui qui a agi avant d'entendre la promesse ne reçoit rien (shafi'ites, hanbalites, Ibn al-Qasim) ; le malikite lui accorde le salaire équivalent s'il est de ceux qui cherchent habituellement les fugitifs. Celui qui entend la promesse en cours de travail gagne la part du travail restant (hanbalites). Si plusieurs ramènent ensemble, ils se partagent le ju'l par tête quand l'appel est général (shafi'ites) ; celui qui aide un ouvrier désigné ne prend rien sans accord entre eux (as-Subki). Le prometteur peut augmenter, réduire ou changer le ju'l avant le début du travail (shafi'ites, hanbalites) ; après le début, l'ouvrier passe au salaire équivalent.

Note pratique

Primes de recherche et récompenses de retrouvailles : la ju'ala les encadre, la récompense suivant le résultat, sans rien promettre à qui n'a pas travaillé.

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