Fiqh islamique > Les transactions financières > La vente et ses conditions
Le statut de la vente, ses piliers (contractants, objet, échange), les ventes interdites nommées par la Sunna, et les interdictions du moment et du lieu.
Sommaire :
Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
La vente est un contrat licite établi par le Coran, la Sunna, le consensus et la raison. Tous les musulmans s'accordent sur sa licéité en général (rapporté d'Ibn Qudama, as-Suyuti, Ibn Hajar), et al-Ghazali précise que la communauté a fait consensus sur le fait que la vente est le moyen légal d'acquérir la propriété. Le Prophète a dit que le travail de l'homme avec sa main et toute vente sans tromperie sont des gains purs (rapporté par Ahmad), et que porter un fagot de bois pour le vendre vaut mieux que mendier (al-Bukhari 1402).
Les savants s'accordent que la vente se conclut par l'offre et l'acceptation, car ils indiquent le consentement. Le Prophète a dit :
Les deux parties restent libres tant qu'elles ne se sont pas séparées.al-Bukhari 2079, Muslim 1532
Le consentement étant caché, le jugement est rattaché au signe apparent, dans n'importe quelle langue. L'ijab est le premier propos, du vendeur ou de l'acheteur. La vente se conclut aussi par écrit et par correspondance pour la majorité (hanafites, shafi'ites, hanbalites) : propos écrit, acceptation écrite, le délai normal d'acceptation étant toléré quand l'acheteur est absent ; les shafi'ites exigent l'acceptation rapide.
La vente forcée au nom du droit (par un juge, pour payer une dette) est valide et sans rétractation : le Prophète a permis aux juifs de Khaybar de vendre leurs biens avant l'exil (al-Bukhari 6545). La vente obtenue par oppression ne lie pas le vendeur selon le consensus rapporté (Muhammad ibn Sahnun, al-Abhari), et la restitution remonte de main en main jusqu'à l'oppresseur. La vente par plaisanterie ne se conclut pas pour les hanafites, les malikites et l'avis principal hanbalite, faute de consentement réel ; l'école shafi'ite la valide, et les hanafites la classent fasid, sans acquisition par la prise de possession.
Ce cadre explique pourquoi une vente honnête est protégée : consentement clair, pas de tromperie, respect du temps consacré à la prière et de la dignité des lieux de culte. Un contrat écrit aujourd'hui suit exactement la voie validée par le fiqh.
Parties capables, consentement libre, objet licite existant et déterminé, prix connu : « Allah a rendu licite la vente » (sourate al-Baqara 275).
Oui : même règles, la séance étant remplacée par l'offre et l'acceptation numériques ; description honnête obligatoire (voir la page gharar).
Oui pendant la séance tant que les deux parties ne se sont pas séparées, puis selon les khiyars (défaut, description, condition) : voir la page khiyar.